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32 % des salariés préfèrent démissionner plutôt que d’exprimer leurs préoccupations au travail

Alors que la crise du Covid n’en finit plus, une étude du Workforce Institute de UKG révèle un “écart de taille” entre les opinions des collaborateurs et la réactivité des employeurs. S’il n’est pas réduit, “il peut désengager les travailleurs et augmenter le turn-over”, observe la société spécialisée dans les logiciels de GRH.

“Les entreprises ont de plus en plus de difficultés à maintenir leurs effectifs et à recruter assez rapidement pour répondre aux demandes du marché. Et en parallèle, un écart de taille subsiste entre les opinions des collaborateurs et la réactivité des employeurs”, constate UKG dans sa dernière étude internationale, réalisée par son think tank dédié à la gestion RH, le Workforce Institute.

Selon cette enquête (1), dont la version française a été publiée ce 21 juillet 2021,  la grande majorité (88 %) des collaborateurs en France ont “le sentiment que les salariés de leur entreprise ne sont pas entendus de manière juste ou égale”. En outre, plus de la moitié (51 %) estiment que les minorités “restent sous-estimées par les employeurs”.

Il est intéressant de constater qu’alors que les seniors et les salariés parents rencontrent des obstacles dans leur gestion de carrière, ce sont principalement les jeunes et les personnes sans enfants qui de leur côté se sentent “moins écoutés que leurs collègues” sur le lieu de travail.

Selon l’étude, la France (80 %) figure parmi les 3 premiers pays, avec l’Inde (93 %) et les USA (85 %), où les jeunes actifs se sentent “le plus négligés” par leur entreprise. “Au niveau international, 76 % des collaborateurs essentiels, qui fournissent des services vitaux et ont continué d’exercer leur activité pendant le pic de la pandémie de COVID-19, estiment avoir été ignorés par leur direction, notamment sur des questions telles que les mesures post-pandémie, la sécurité, l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, ainsi que l’épuisement professionnel”, indique UKG.

 

Sécurité, diversité et horaires : les salariés “négligés sur des sujets cruciaux”

“À l’heure où les entreprises s’efforcent d’attirer et de retenir les meilleurs talents, les responsables des ressources humaines doivent d’abord écouter les ressentis des collaborateurs, puis agir en conséquence, afin d’assurer la stabilité et la réussite à long terme de la société”, analyse Chris Mullen, directeur exécutif du Workforce Institute.

“Depuis le début de l’année 2020, 40 % des Français se sentent davantage considérés sur leur lieu de travail, mais compte tenu des efforts réalisés pendant la pandémie de COVID-19, les collaborateurs peinent à éprouver ce sentiment sur des sujets qui comptent pour eux”, indique l’étude. Par exemple, seuls 8 % estiment être entendus sur le sujet des “initiatives en faveur de la diversité, de l’équité et de l’inclusion”.

En outre, les requêtes “incontournables” relatives aux processus RH, comme les demandes de congés (30 %) et la détermination des horaires de travail (30 %) “constituent toujours des points sur lesquels les collaborateurs ne se considèrent pas entendus”. La question de la sécurité sur le lieu de travail, “prédominante, notamment, en raison de la crise sanitaire en cours”, est aussi un sujet sur lequel la majorité des salariés ne se sentent pas écoutés par leur employeur,  à 76 %.

 

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Écouter les collaborateurs ou les perdre

Finalement, ce sont 3 collaborateurs français sur 5, soit 61 %, qui ont le sentiment d’avoir été “ignorés d’une manière ou d’une autre” par leur manager ou leur employeur / DRH, “ce qui peut avoir un effet dévastateur sur la rétention de la main-d’œuvre”. Ainsi, résultat de tous ces ressentis, un tiers (32 %) des collaborateurs préfèrent “démissionner ou changer d’équipe”, plutôt que d’exprimer leurs véritables préoccupations à la direction.

“Attirer et retenir les meilleurs talents constitue pourtant un enjeu majeur pour les entreprises françaises, allant des PME jusqu’au CAC40. Enjeu stratégique RH, l’encouragement des feed-backs collaborateurs s’avère incontournable. Car si l’écart entre les opinions des collaborateurs et la réactivité des employeurs n’est pas réduit, il peut désengager les travailleurs, augmenter le taux de renouvellement de personnel, voire nuire aux performances commerciales”, conclut Philippe Raynaud, Country Manager Western Europe chez UKG.

 

(1) Cette étude a été réalisée par Savanta, auprès de 4 049 salariés, cadres et DRH, aux États-Unis, au Royaume-Uni, au Canada, au Mexique, en Inde, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et en Suisse ; entre le 7 et le 11 mai 2021. Quelque 4 049 employés ont été interrogés sur “des questions générales concernant la manière dont les employés communiquent leurs points de vue à leurs managers et/ou à leur employeur dans le but d’influencer les questions, petites et grandes, qui les concernent au travail.”

 

 

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