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Cash Converters : « Nous voulons être la Fnac de l’occasion »

Avec plus de 50 magasins en France et un chiffre d’affaires de 65 millions d’euros en 2025, Cash Converters accélère son développement sur un marché de la seconde main en pleine expansion. L’enseigne entend passer à un réseau quasiment exclusivement en franchise et ambitionne d’atteindre 130 magasins à l’horizon 2030. Son directeur général, Ahmed Chaieb, détaille cette stratégie ambitieuse.

Vous repositionnez Cash Converters autour du pouvoir d’achat. Quelle est votre stratégie aujourd’hui ?

Ahmed Chaieb : Historiquement, notre modèle reposait sur l’occasion. Aujourd’hui, l’occasion ne représente plus qu’une partie des familles de produits que nous proposons. Nous avons intégré la seconde main (des produits reconditionnés par des professionnels) mais aussi ce que nous appelons la « seconde chance » (des produits avec emballages abîmés ou en fin de série). L’idée est d’intégrer ces différentes offres en magasin pour proposer une expérience comparable à celle du neuf.

Notre objectif est clair : travailler autour du pouvoir d’achat. Dans un contexte de crise, nous répondons à la demande, notamment grâce à notre capacité à racheter des produits, ce qui augmente le pouvoir d’achat des consommateurs.

Crédits : Cash Converters.

Quels sont vos objectifs de développement en France ?

A.C. : Aujourd’hui, en France, nous comptons plus de 50 magasins. Nous avons réalisé 65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et nous visons 85 millions cette année. Notre ambition est forte, avec l’ouverture d’une dizaine de magasins partout en France. Notre volonté est de passer à 100 % en franchise. Nous conserverons quelques magasins pilotes pour former les futurs franchisés et tester des innovations, mais l’objectif est de piloter un réseau de franchisés.

Comment faites-vous évoluer l’image de l’occasion ?

A.C. : Actuellement, les attentes sont très exigeantes. Historiquement, l’occasion était associée à un esprit brocante. Nous ne voulons plus de cette image. L’objectif est de proposer une expérience proche du neuf.

Pour cela, il faut travailler le produit, se concentrer sur certaines catégories et mieux structurer les rayons. Nous voulons presque être comme une Fnac de l’occasion, avec des rayons bien présentés, une ambiance chaleureuse et familiale. Nous avons retravaillé les matériaux en magasin pour aller dans ce sens.

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Quels leviers avez-vous activés pour opérer cette transformation ?

A.C. : Nous avons activé plusieurs leviers. D’abord, le renouvellement des équipes, avec des profils plus jeunes, issus de différents secteurs, que ce soit la distribution physique, les startups ou Leboncoin. Nous avons ensuite transformé nos magasins pour qu’ils ressemblent à des points de vente de produits neufs, tout en proposant de l’occasion. Enfin, nous avons communiqué auprès du grand public sur ces transformations.

Cash Converters est une enseigne qui a 31 ans, avec une forte dimension émotionnelle : on vient chez nous pour se faire plaisir. Nous avons conservé cet ADN tout en l’adaptant aux attentes actuelles. Le résultat est là, les clients reviennent, il y a un effet boule de neige. Nous sommes passés d’un modèle centré sur l’occasion à une enseigne positionnée globalement sur le pouvoir d’achat.

Comment se porte le secteur de la seconde main ?

A.C. : Le fait que d’autres acteurs adoptent cet ADN contribue à évangéliser le marché. Aujourd’hui, acheter de la seconde main est totalement accepté, que ce soit chez des enseignes comme Boulanger ou ailleurs. Cette démocratisation est donc positive pour notre activité.

Aujourd’hui, les catégories qui fonctionnent le mieux sont la téléphonie (avec des produits neufs très chers que nous proposons à prix réduit), mais aussi la maroquinerie, la bijouterie, et le jeu vidéo, notamment le rétrogaming. Nous avons également développé les univers du jeu et du jouet, complémentaires à notre offre.

Crédits : Cash Converters.

Quel profil de franchisé recherchez-vous ?

A.C. : Pour rejoindre l’enseigne, il faut avant tout une appétence pour la seconde main, mais surtout un vrai sens du commerce. Dans le contexte actuel, si l’on ne comprend pas le commerce, il est difficile de piloter un magasin. C’est pourquoi nous sommes très sélectifs : nous ouvrirons seulement une dizaine de franchises cette année pour bien accompagner nos partenaires.

Nous recherchons des profils commerçants, capables de s’investir, avec du bon sens. Pas forcément des profils issus de grandes écoles ou avec de gros capitaux, mais des personnes capables de créer de l’émotion et de s’impliquer.

L’apport nécessaire est d’environ 100 000 euros. Le modèle repose beaucoup sur le stock, qui représente un investissement important (entre 300 000 et 400 000 euros au total). Nous vendons des produits à forte valeur (téléphonie, maroquinerie, bijoux), ce qui explique ce besoin.

Quelles sont vos ambitions à moyen terme ?

A.C. : Nous sommes encore peu présents dans certaines zones, notamment le nord-ouest parisien, où il existe un fort potentiel. Mais nous restons ouverts à toutes les implantations pertinentes. Notre ambition est de devenir un acteur expert par univers, avec des pôles spécialisés : téléphonie, accessoires, assurance, garantie… Et demain, pourquoi pas aller plus loin, comme devenir opérateur mobile.

Nous prévoyons l’ouverture d’une dizaine de franchises cette année, avec une logique de multi-franchisés. Notre objectif est d’atteindre 130 magasins d’ici 2030.

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