Le hashtag #4NOVEMBRE9H10, issu du mouvement annuel pour l’égalité salariale, pose un amer constat : en 2022, à partir du 4 novembre, les femmes commencent à travailler gratuitement.
Selon les données d’Eurostat, l’organisme de statistiques de l’Union européenne, les femmes gagnent en moyenne 15,8 % de moins que les hommes en France en 2022 (contre 15 % en 2021 et 13 % en 2021). statistique est calculée pour les entreprises de 10 salariés ou plus, secteurs publics et privés confondus. En Europe, l’écart moyen est estimé à 13 %.
De plus, fin 2021, d’après le baromètre de la rémunération publié par l’Association pour l’emploi des cadres (Apec), le salaire annuel brut moyen des femmes cadres s’élève à 47 000 euros, contre 54 000 euros pour les hommes.
En partant de l’écart de 15,8 % en France et en se basant sur le nombre de jours ouvrés dans l’année (253 jours en 2022), la différence entre les femmes et les hommes représente 39,974 jours ouvrés. Un calcul qui permet de déterminer la date et l’horaire théoriques à partir desquels les femmes devraient s’arrêter de travailler pour compenser le différentiel de rémunération. Soit, cette année, le 4 novembre à 9h10.
C’est ainsi que la newsletter féministe Les Glorieuses est parvenu à son hashtag #4NOVEMBRE9H10, qui porte une campagne de sensibilisation en faveur de l’égalité salariale.
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Une pétition pour l’égalité salariale
Dans le cadre de ce mouvement, Les Glorieuses lancent une pétition autour de trois propositions de politiques publiques.
D’abord, instaurer un principe d’éga-conditionnalité, qui conditionnerait l’accès des entreprises aux marchés publics, subventions et prêts garantis par l’Etat au respect de l’égalité salariale en leur sein. Une façon, selon Les Glorieuses, « de s’assurer que le budget alloué par les fonds publics n’accentue pas les inégalités« .
Ensuite, revaloriser les salaires des emplois pour lesquels les femmes sont plus nombreuses. Notamment ceux dans les secteurs de l’éducation et des soins, très féminisés, et qui comptent parmi les moins bien valorisés.
Enfin, soutenir un congé parental post-natal de même durée et payé de manière équivalente pour les deux parents, à l’image de celui mis en place en Suède.
La pétition et le détail de ses propositions sont à retrouver sur le site Les Glorieuses.