Il existe de nombreuses formes de management. Selon Caroline Diard, professeur en management des Ressources Humaines à TBS Business School, présente lors du Salon du management à Paris le 27 février 2024, un bon management est rendu possible si les entreprises anticipent au mieux les crises…
Des crises de différentes natures qui seraient aujourd’hui plus nombreuses et fréquentes. « Le monde a toujours été plus ou moins incertain, nuance l’enseignante. Nous avons déjà vécu des crises successives par le passé. Nous les avions peut-être oubliées jusqu’à ce que nous soyons confinés et confrontés collectivement à une crise majeure et inédite en 2020. Le Covid-19 a amené beaucoup d’individus à prendre du recul, à s’interroger sur le sens au travail, sur le sens de la vie. » De leur côté, « les entreprises, inquiètes se sont interrogées sur la notion d’incertitude et se sont demandées comment elles allaient survivre aux crises, amenées à se répéter, afin d’évoluer dans un cadre compliqué et incertain. »
La peur n’évite pas le danger
Parmi ces organisations, certaines étaient préparées à une potentielle crise, quand d’autres en ont tiré – malgré elles – des leçons. Mais des leçons « positives », estime Caroline Diard : « Désormais, les entreprises vont évoluer en ayant à l’esprit qu’il y a aura d’autres crises économiques, sanitaires, sociales, environnementales. Elles ont conscience qu’elles ne pourront pas les éviter, mais peuvent désormais les anticiper grâce à certaines méthodes managériales, comme la mise en place de plans de continuité. Cela leur permet d’être très agiles en temps de crise. Certaines ont également créé des fonctions de « Risk managers » (managers de risques, ndlr). Leur objectif est de cartographier l’ensemble des risques, rédiger des procédures, préparer les collaborateurs aux inattendus humains et économiques. Car, comme face à un adversaire, plus le risque est connu, plus les entreprises sont fortes, et donc leurs managers aussi. »
Plus fort grâce à cette anticipation, ajoute-t-elle, le manager pourra ainsi « travailler sur l’humain afin de rendre ses équipes résilientes, agiles, et capables parfois de renoncement. Il pourra fédérer tout le monde autour d’un projet commun. Car, quand une équipe œuvre pour un projet commun, elle est motivée, engagée, impliquée et elle a moins peur de l’avenir. La peur n’évite pas le danger », rappelle-t-elle.