Lors de ses vœux aux acteurs économiques, mardi 7 janvier, Bruno Le Maire a appelé les entreprises françaises à “garantir un meilleur partage de la valeur”, en augmentant les salaires. Pour le Medef, les dirigeants ont déjà largement fait leur part en faveur du pouvoir d’achat.
“Les entreprises doivent garantir un meilleur partage de la valeur. Elles doivent s’engager dans cette voie-là quand leurs résultats économiques sont au rendez-vous. Elles doivent ouvrir des perspectives à leurs salariés, des perspectives de vie meilleure, de salaires qui progressent”, a lancé Bruno Le Maire pendant ses voeux aux acteurs économiques.
Le gouvernement ayant augmenté la prime d’activité, baissé l’impôt sur le revenu de 5 milliards d’euros et défiscalisé les heures supplémentaires, “je souhaite qu’elles fassent aussi leur part du chemin”, a -t-il ajouté.
Selon le ministre de l’Économie et des Finances, les entreprises devraient mettre en place des accords d’intéressement, dont la mise en œuvre a été simplifiée, et mener des négociations salariales dans les branches qui connaissent des difficultés de recrutement et où les rémunérations restent parfois proches du Smic. Il a aussi rappelé que le gouvernement travaillait à l’élaboration d’un “pacte productif”, qui devrait notamment passer par la baisse progressive des impôts de production à partir de l’an prochain.
“Les entreprises se sont engagées en faveur du pouvoir d’achat”
Que pensent les entreprises de cet appel ? Pour le Medef, “les entreprises se sont engagées en 2019 en faveur du pouvoir d’achat, à hauteur de 19 milliards d’euros”. Selon l’organisation patronale, qui nous renvoie notamment à un communiqué publié cet automne, les augmentations de salaires ont été de l’ordre de 1,7 % par rapport à 2018, et les entreprises ont créé 250 000 emplois sur un an.
“A ceci s’ajoute la prime exceptionnelle versée par plus de 400 000 entreprises et qui a accentué cette hausse. Selon l’Acoss (1), avec un montant médian de 450 euros en moyenne, elle a profité à 5,5 millions de salariés pour un montant total de 2,2 milliards d’euros. Ces chiffres confirment que les chefs d’entreprises ont déjà joué le jeu afin d’accroître le pouvoir d’achat des salariés”, conclut le Medef. Qui appelle plutôt le gouvernement à “soutenir ce mouvement vertueux par une politique de l’offre lisible et volontariste”.
Les statistiques de l’Insee semblent donner raison au patronat. Ainsi, hors inflation, les salaires dans le secteur privé ont augmenté d’environ 1 % par an ces 5 dernières années. En ajoutant l’inflation, les salariés du privé ont globalement bénéficié de hausses de salaire de 2 % par an ces dernières années.
(1) L’Agence centrale des organismes de sécurité sociale (Acoss) gère la trésorerie de chacune des branches du système de Sécurité sociale français, et pilote la branche recouvrement avec le réseau des Urssaf.