Selon une étude menée par la start-up Moodwork, spécialisée dans la vulgarisation scientifique de travaux sur le bien-être et l’intelligence émotionnelle, le burn-out serait grandement sous-estimé par les salariés quand ils sont personnellement touchés.
Comparer le regard porté sur les causes du burn-out, selon que le salarié en est la victime ou non. C’est l’objectif de la start-up Moodwork qui a mené une étude auprès de 288 participants. “Ils ont été invités à expliquer un burn-out soit en s’imaginant eux-mêmes dans cette situation, soit en y imaginant une personne tierce”, détaille Moodwork. Résultats : même si les salariés reconnaissent la dangerosité de l’épuisement au travail, ils se perçoivent indûment comme la cause de ces difficultés. “Pour éviter d’être perçus comme défaillants, ils tendent à nier et à minimiser leur burn-out”, souligne la start-up.
Attributions causales
Ainsi, selon l’étude menée par Moodwork, l’évaluation du taux de burn-out est 23 % supérieure quand il s’agit d’autrui que soi-même. “Il existe donc un écart entre connaître et se reconnaître dans cette situation”, insiste l’enquête. Pour tenter de comprendre cette différence de perception, Moodwork a analysé les attributions causales du burn-out, qu’elles soient internes (attribuées à la personne elle-même), externes (attribuées à la situation), contrôlables (manque de recul de l’individu, encadrement inadapté…) ou incontrôlables (manque de ressources personnelles, surcharge de travail trop importante…). Et le verdict est sans appel : les individus ont tendance à sous-estimer l’influence des causes externes au profit des causes internes.
Empathie et observation
Moodwork rappelle toutefois que “les causes réelles du burn-out sont faiblement liées aux individus et plutôt à l’organisation du travail. Pourtant, les attributions causales du burn-out sont davantage internes”, insiste la start-up. Un constat encore plus flagrant quand le salarié est lui-même concerné. “Ce raisonnement respecte la norme d’internalité qui enjoint aux individus d’endosser la responsabilité de ce qui leur arrive”, précis Moodwork. La start-up précise toutefois que l’observation du cas d’autrui mettrait en jeu des observations plus objectives et donc moins normatives. “Notre étude montre finalement que faire appel à l’empathie et à l’observation d’un tiers pourrait être une arme contre cette tendance au déni”, conclut Moodwork.