Le Canada a beaucoup d’atouts : un taux de chômage plus bas que dans l’Hexagone, une population jugée accueillante. Encore faut-il savoir quel “Canada” est susceptible de vous plaire ? Entre Toronto, Montréal ou même Yellowknife, quatre expatriés nous racontent leur expérience.
Destination populaire, le Canada accueille une population de Français estimée à 150 000 personnes par le ministère des Affaires étrangères et du développement international. Mais ce nombre est probablement inférieur à la réalité au vu de la difficulté de les répertorier. En prenant uniquement en compte ceux qui se sont inscrits sur le registre des Français établis hors de France, Montréal est la destination la plus souvent choisie, suivie par les villes de Québec, Toronto et Vancouver. D’après les témoignages publiés ci-dessous, chercher un travail depuis la France est difficile. En revanche, en se mettant aux méthodes canadiennes une fois sur place : réseautage, dépose de CV directement en entreprise, les portes de l’intégration professionnelle semblent beaucoup plus accessibles.
La belle ascension
Vincent Eleloué, responsable de magasin, Montréal
Arrivé au Canada en novembre 2013, à Montréal, Vincent Eleloué a gravi les échelons jusqu’à occuper le poste de responsable de magasin pour l’une des principales entreprises du secteur des télécommunications canadien. Détenteur notamment d’un master en Web marketing, il est entré comme vendeur à temps partiel au sein de l’entreprise. Un emploi qu’il imaginait temporaire, avant de travailler dans son domaine d’activité. “Je n’avais pas pour objectif d’arriver sur un poste à responsabilités rapidement. Mais je ne comptais pas mes heures, j’étais professionnel au travail.” Un engagement qui est très vite remarqué. “Ici, peu importe l’âge que vous avez, ça fonctionne vraiment à la reconnaissance. Si vous travaillez bien, vous pouvez être vite promu. J’ai une collègue qui a le même poste que moi et elle n’a que 22 ans.” Il s’occupe aujourd’hui “du deuxième plus gros magasin du Québec avec une équipe de 11 personnes.”
La force du réseau
Estelle Monet , chasseuse de tête, Montréal
Estelle Monet était responsable des ressources humaines dans une société de services informatiques avant de rejoindre Montréal en mai 2015 avec son mari. Elle occupe maintenant le poste de chasseuse de tête, toujours dans le même secteur. “Ici, le mot ‘réseautage’ prend tout son sens que ce soit professionnel ou amical. C’est ce qui vous aide à trouver un emploi.” Et les connexions peuvent se faire très rapidement. Elle, a trouvé son emploi en contactant un ancien de son école pour lui demander des renseignements. Quant à son mari, “nous avons discuté avec des gens dans un parc et dans l’entreprise de l’un d’eux un poste se libérait. Il a contacté mon mari.” Son conseil clé ? “C’est d’aller sur LinkedIn et de contacter les gens qui sont dans la société où vous voulez travailler ou qui exercent le même métier. C’est une population qui aime rendre service. Vous pouvez écrire en demandant ‘quels sont les conseils que vous pouvez me donner ?’. Souvent, cela ouvre des portes.”
Hors des sentiers battus
Amin Kessab, consultant en informatique, Yellowknife
Amin Kessab est arrivé au Canada récemment, en octobre 2016, il a fait le choix de se perdre un peu dans le pays, plus précisément à Yellowknife (Territoires du Nord-Ouest). Il a d’abord cherché un emploi depuis la France mais la démarche s’est avéré compliquée. Sur place, il a directement déposé des CV auprès d’entreprises informatiques. “À Yellowknife, il n’y a pas beaucoup d’annonces au niveau informatique. Les entreprises recrutent surtout via le bouche-à-oreille. Par exemple, je n’en ai pas vu pour la boîte où je travaille actuellement.” En ce qui concerne l’équilibre entre vies professionnelle et privée, il apprécie l’indépendance qu’on lui confère. “C’est une petite boîte familiale. On sent plus ce côté-là que la hiérarchie. J’ai une plage horaire fixe de 40 heures par semaine. En ce qui concerne les heures supplémentaires, c’est vraiment en fonction de la charge de travail. Nous sommes très autonomes.”
Success story 
Lulu Cohen-Farnell, fondatrice de Real food for real kids
Lulu Cohen-Farnell est arrivée au Canada il y a 17 ans. C’est à la suite de la naissance de son enfant et au moment de le mettre à la garderie que sa destinée professionnelle va drastiquement changer. “J’ai découvert que la nourriture était industrielle. Il n’existait pas de fournisseur de nourriture santé en crèche.” Au début, elle apporte des plats maison pour son propre enfant, ce qui était autorisé à l’époque. L’idée commence à plaire autour d’elle, et c’est comme cela que naît son entreprise Real food for real kids, en 2004. La société emploie aujourd’hui 180 personnes pour un chiffre d’affaires d’un peu plus de 10 millions de dollars. Elle a le sentiment qu’au Canada, les gens peuvent vraiment influer sur les choses. “C’est un pays où les citoyens peuvent changer les lois. Nous avons déjà réussi à faire modifier une loi fédérale, il y a deux ans, qui concernait la définition de ce qui est considéré comme étant de la nourriture locale.”