Management

Ce que doit faire l’employeur quand un cas de Covid-19 est détecté

Le protocole national sanitaire a été mis à jour jeudi 17 septembre. Outre des précisions sur le port du masque, il décrit la prise en charge d’un salarié contaminé par le Covid-19, ainsi que celle des “cas contact”.

Comment réagir quand un employé présente des symptômes du Covid-19 ? Qui doit être déclaré “cas contact”, et qu’est-ce que cela implique ? Face à ces interrogations croissantes des salariés et de leurs managers, le protocole sanitaire a été mis à jour par le gouvernement, jeudi 17 septembre.

 

La prise en charge d’une personne symptomatique

Que faire quand un salarié présente les symptômes (fièvre, toux, difficulté respiratoire, perte du goût et de l’odorat) du Covid-19 ? Ou quand un collaborateur s’est fait tester positif ?

Si la personne est symptomatique, la prise en charge repose sur l’isolement, la protection et la recherche de signes de gravité. L’employeur doit ainsi isoler le salarié dans une pièce “dédiée et aérée”, puis mobiliser l’infirmier ou le médecin du travail, ainsi que le “référent Covid” de l’entreprise.

“En l’absence de signes de gravité, contactez le médecin du travail ou demandez à la personne de contacter son médecin traitant pour avis médical. En cas de signes de gravité (ex. détresse respiratoire), appelez le Samu”, préconise le protocole.

Si la personne n’est pas symptomatique, mais qu’elle a été déclarée positive suite à un test, elle doit être renvoyée chez elle, mais pas en transports en commun. Si elle tombe ensuite malade, elle sera placée en arrêt maladie jusqu’à sa guérison. Si ce n’est pas le cas, elle sera “mise à l’isolement” chez elle pendant 7 jours et pourra télétravailler.

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La gestion des salariés “cas contacts”

Après la prise en charge du salarié symptomatique ou le départ du collaborateur symptomatique mais “positif”, l’employeur doit d’abord organiser au plus vite la désinfection de son poste de travail. Ensuite, il devra suivre tous les collaborateurs ayant été en contact avec lui.

“Si le cas Covid est confirmé, l’identification et la prise en charge des contacts seront organisées par les acteurs de niveaux 1 et 2 du contact-tracing (médecin prenant en charge le cas et Assurance maladie)”, indique le protocole. “Ils pourront s’appuyer sur les matrices des contacts en entreprise réalisées par le référent Covid-19 pour les cas avérés”, note le gouvernement. (1)

Concrètement, tous les collègues de la personne contaminée, qui l’ont croisée ou ont travaillé avec elle, doivent être identifiés. Pour cela, l’employeur doit demander au salarié malade avec qui il a discuté ou mangé pendant les dernières 48 heures. Selon le ministère du Travail, un échange sans masque, à moins d’un mètre, même bref, suffit à devenir “cas contact”. Tout comme partager un espace fermé pendant 15 minutes sans protection.

En revanche, côtoyer un cas contact ne fera pas automatiquement du salarié concerné un “contact à risque”. S’il a porté un masque en présence de son collègue contaminé, notamment. Mais il devra pour cela avoir gardé son masque en continu ; autrement dit, ne pas avoir mangé avec son collègue contaminé, ou retiré son masque en sa présence.

 

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Isolement et télétravail

Les salariés identifiés comme “cas contacts” devront ensuite être isolés pendant une période de 7 jours (au lieu de 15 jours précédemment), et télétravailler dans la mesure du possible. Selon le protocole sanitaire, le délai d’isolement est précisément de “7 jours pleins à partir de la date du dernier contact avec le cas confirmé”.

Une fois l’isolement terminé, les cas contacts ne pourront retourner dans les locaux de l’entreprise sans avoir “réalisé un test” au 7ème jour. Ce qui posera probablement un problème, lié au délai entre le passage du test et ses résultats ; ainsi, les salariés “cas contacts” devront sans doute rester en télétravail plus qu’une seule semaine.

À noter que le dépistage n’est pas obligatoire : le salarié est ainsi “invité” par son employeur à réaliser un test, mais il peut refuser de le passer, sans être sanctionné. “L’employeur ne peut pas obliger son salarié à se faire dépister. Il peut toutefois lui interdire l’accès de ses locaux”, nous expliquait récemment l’avocat Timothé Lefebvre.

 

(1) Selon le protocole, les employeurs doivent désigner un référent Covid-19. L’une de ses missions est notamment de “faciliter l’identification des contacts” par la réalisation d’une “matrice”. En cas de “survenue d’un cas avéré”, le référent devra ainsi “faciliter l’identification des contacts par les autorités en charge du contact tracing, en s’appuyant sur les déclarations du salarié concerné et son historique d’activité dans l’entreprise”, indique le gouvernement.

 

 

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