Dans la société de la connaissance qui caractérise ce XXIe siècle, se former régulièrement est une nécessité. C’est l’occasion de prendre du recul, d’échanger, d’acquérir de nouvelles compétences, de renforcer son expertise et son employabilité, bref, de nourrir son capital immatériel. Reste à trouver la “bonne” formation !
Par Emmanuelle Pérès, déléguée générale de la Fédération de la formation professionnelle (FFP).
Dans l’absolu et à quelques exceptions près, il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises formations. Chacune a ses spécificités, ses caractéristiques. La “bonne” formation est celle qui correspond à votre projet et vos objectifs, en tenant compte de votre personnalité, de vos formations initiale et continue, de votre parcours professionnel. Voici un rapide tour d’horizon des questions clés à se poser pour faire le bon choix !
Identification du besoin
Quels sont vos objectifs en suivant cette formation ? Comment, après la formation, pourra-t-on mesurer que vous les avez atteints ? Avez-vous des contraintes de dates, lieu, coût, durée, rythme ? Un stage “intra” (avec d’autres salariés de votre entreprise) est-il préférable à un stage “inter” (avec des participants d’autres entreprises) ?
Le financement
– Plan de formation : l’employeur décide du bien fondé de la formation et de son financement. S’il la propose, vous pouvez la refuser s’il s’agit d’un bilan de compétences, ou si une partie se déroule hors heures de travail. Dans les autres cas, vous ne pourrez refuser, ni abandonner, sans risquer un licenciement.
Pendant la formation, vous conservez votre rémunération. L’éventuelle partie hors temps de travail ne doit pas excéder 25 % de la durée totale, et n’est pas rémunérée (vous aurez tout de même une allocation de formation, lire en page 80, ndlr), cependant tous les frais de formation sont à la charge de l’employeur.
Ce dernier peut vous demander de signer une clause de dédit-formation qui vous engage à rester dans l’entreprise un certain temps après la formation. À défaut, une partie des frais de formation seront à votre charge.
– Droit individuel à la formation (Dif) : le salarié acquiert un crédit de 20 heures de formation par an, cumulable sur 6 ans. Il peut l’utiliser, en accord avec son entreprise, pour développer ses compétences, réaliser un bilan de compétences ou entreprendre une démarche de valorisation des acquis de l’expérience (VAE).
Pour les salariés à temps partiel ou en CDD, les heures de Dif sont calculées au prorata du temps de travail.
Le Dif est financé sur le budget formation de l’entreprise pour les salariés en CDI. S’il est réalisé hors temps de travail, 50 % de la rémunération nette vous sera versée au titre de l’allocation de formation.
Pour les salariés en CDD, le coût est pris en charge par le Fongecif. Il rembourse également l’allocation de formation à l’employeur.
– Congé individuel de formation (Cif): il permet de suivre une formation pour se qualifier, évoluer, se reconvertir au cours de sa vie professionnelle ou passer un examen. À l’initiative du salarié, il s’effectue indépendamment de celles inscrites au plan de formation de l’entreprise.
Pour les salariés en CDD, des conditions particulières s’appliquent, contactez le Fongecif pour plus d’information.
La prise en charge du Cif est d’une année maximum pour les formations à temps complet ou de 1 200 heures pour celles à temps partiel. La formation peut se dérouler en plusieurs temps, sur une durée de trois ans maximum.
Le financement du Cif est assuré par des organismes agréés par l’État, le Fongecif régional ou l’Opacif, contactez-les pour vérifier.
La rémunération du salarié en Cif est prise en charge entre 80 et 100 %, ses frais de formation en partie, et ses frais de transport et d’hébergement également sous certaines conditions.
Le salarié en Cif doit justifier sa présence en formation. Son contrat de travail étant suspendu et non rompu, il retrouve son poste à son retour de formation.
– Par vos propres moyens. Pour des raisons diverses, vous pouvez être amené à négocier avec votre employeur le co-financement de votre formation. Vous pouvez proposer d’utiliser tout ou partie de votre Dif, de vous former en dehors des heures de travail, d’y consacrer une partie de vos congés payés, de prendre un congé sabbatique, de négocier un prêt sur l’honneur avec votre employeur ou payer tout ou partie de la formation. La durée de la formation choisie, la “crise” ou la priorité donnée aux salariés les moins qualifiés favorisent ce co-financement dans le cadre du plan de formation ou du Cif.
Le choix
Votre manager, le service formation de votre entreprise, votre conseiller RH, ou même votre entourage direct disposent sans doute déjà de contacts et de catalogues avec une offre de formation que vous pouvez utiliser. Les mots-clés de votre objectif, entrés dans un moteur de recherche sur Internet, peuvent aussi vous diriger vers une offre complémentaire. Partez de votre besoin plutôt que de l’offre, privilégiez les mots de votre objectif aux thèmes de formation que vous imaginez correspondre à votre besoin.
Les programmes sélectionnés par vos soins sont-ils suffisamment explicites ?
Les méthodes pédagogiques et les outils éventuels vous semblent-ils adaptés ? Des pré-requis sont-ils prévus ? Connaissent-ils votre secteur d’activité ou celui auquel vous vous destinez ? Une évaluation formalisée est-elle annoncée ?
L’évaluation de l’organisme
Visitez le site Internet des organismes qui répondent à vos critères. Renseignez-vous sur leur notoriété auprès de votre service formation ou département RH. L’Opca (organisme paritaire collecteur agréé) auquel cotise votre entreprise connaît-il l’organisme de formation ? Celui-ci adhère-t-il à une fédération reconnue par le secteur d’activité qui vous concerne, en l’occurrence à la Fédération de la formation professionnelle (FFP) qui est la seule organisation patronale représentative de la branche et négocie et signe, à ce titre, les accords paritaires (comme la convention collective par exemple). Dispose-t-il d’une reconnaissance de sa démarche qualité telle la qualification ISQ-OPQF ou la certification qualité NF ou ISO ? Fait-il référence à d’autres labels reconnus dans votre milieu professionnel ? Comment sont sélectionnés les participants ? Leur niveau est-il homogène ? Quel est le profil et le parcours des formateurs ? Que comprennent les tarifs annoncés ?
N’hésitez pas à téléphoner à l’organisme pressenti pour obtenir plus d’informations, voire à demander à visiter les locaux où se déroulera la formation ou encore à rencontrer d’autres participants.
La validation
Y-a-t-il un contrôle de niveau en début de formation et un contrôle du niveau atteint en fin de formation ? L’évaluation débouche-t-elle sur un diplôme, un titre homologué, un certificat (comme le certificat professionnel de la FFP par exemple) ? Dans le cas contraire, l’organisme doit vous délivrer, à l’issue de la formation, une attestation conforme à l’article 51 de la loi du 24 novembre 2009, mentionnant les objectifs, la nature et la durée de la formation, les résultats de l’évaluation des acquis de la formation.
Le développement des compétences et de la formation tout au long de la vie s’impose comme une priorité économique, sociale et sociétale des années à venir. Former les cadres est une nécessité pour les entreprises qui ont besoin d’innovation et de rentabilité. Ce n’est pas un hasard si la plupart investissent bien au-delà de la contribution légale. Si vous êtes demandeur, n’hésitez donc pas à aborder la question avec ouverture, lors de l’entretien annuel, par exemple. L’employabilité durable bénéficiant à toutes les parties prenantes, la formation est de plus en plus une co-construction où chacun a donc un rôle à jouer. Anticipez, renseignez-vous, et prenez votre temps pour bien préparer votre projet et le négocier au mieux.