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Comment lever les freins à l’égalité salariale ?

La première session du think tank de Marie Claire sur l’égalité entre les femmes et les hommes a eu lieu mercredi 12 septembre. Reportage.

Autour d’une grande en forme de U, sont réunies des femmes, généralement cadres, ainsi que deux hommes. L’idée de cet atelier organisé dans le cadre du think tank créé par le magazine féminin Marie Claire est que ces personnes racontent, échangent sur le sujet de l’égalité salariale. Ça démarre fort, la patronne d’une PME avoue qu’elle a profité des différences de salaire entre ses salariés et salariées : “Les hommes demandaient plus en arrivant dans la société et plus d’augmentations. À l’époque, j’étais peu engagée. Il fallait vraiment que je dégage des marges, qui n’étaient déjà pas élevées dans le monde du syndic. En revanche, à chaque annonce de grossesse, je donnais une prime de 1 000 euros pour signifier que c’était une bonne nouvelle !”. En réaction, hochements de tête de désapprobation et bienveillance d’avoir avoué ce méfait.

Retrouvez l’interview de Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’égalité entre les femmes et les hommes, réalisée lors de ce think tank :

 

D’autres enchaînent en précisant que l’éducation est un premier frein à l’égalité salariale. “Surtout, le CEO de l’entreprise doit être engagé sur ce sujet pour montrer l’exemple à ses collaborateurs”, renchérit l’une d’entre elles. La maternité, le fait que les femmes osent moins (s’imposer, demander une augmentation…) s’ajoutent à la liste des freins aux salaires égaux. “J’ai travaillé dans une grande entreprise. Je dirigeais le réseau Île-de-France, j’étais payée moins que mes homologues masculins sur des régions plus petites en taille et au niveau du chiffre d’affaires. Quand j’ai demandé une augmentation, on m’a dit que j’étais la plus jeune. En fait, j’ai surtout l’impression que ma contribution au travail n’est pas appréciée à sa juste valeur”, raconte une femme d’une cinquantaine d’années. “Oui, il faut revaloriser les RH ou la communication, des métiers dits féminins”, coupe une autre.

Donner un cadre

La solution serait peut-être de réinventer notre relation au travail”, tranche Valérie Hoffenberg, présidente du Connect Leaders Club, qui anime l’atelier. D’autres évoquent surtout le fait de donner un cadre aux entreprises, notamment avec une grille de salaire, la discrimination positive ou même des quotas. “La loi Copé-Zimmermann a fait ses preuves !”,  “J’ai bénéficié des quotas pour devenir élue, j’y suis favorable”, entend-on ici et là. Une autre s’interroge : “Qui dit punir dit contrôler et qui contrôlerait ?”.

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