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Coronavirus : les DRH préparent déjà l’après-crise

Les DRH pensent déjà à l’après-confinement. Selon une étude de l’ANDRH, 76 % d’entre eux anticipent un retour à l’activité normale, 33 % pensent que la digitalisation accélérée de l’entreprise sera une conséquence positive de la crise et 12 % misent sur la formation à distance.

Dans une “enquête flash” réalisée entre fin mars et début avril (1) auprès de ses adhérents, l’association nationale des DRH (ANDRH) s’intéresse à l’impact de la pandémie de coronavirus sur l’activité des directeurs des ressources humaines. Concrètement, ces derniers sont sur tous les fronts.

Face au chômage partiel, qui concerne 8,7 millions de salariés, et à la mise en place en urgence du télétravail dans nombre d’organisations, ils sont 97 % à gérer ces transformations avec la direction générale. Objectif de ce tandem : gérer les impacts sur la santé et l’emploi des salariés, ainsi que sur la compétitivité des entreprises. Par ailleurs, 89 % des fonctions RH ont mis en place une cellule de crise au sein de leur organisation, en appui d’un plan de continuité d’activité dans 72 % des cas.

Selon l’étude de l’ANDRH, 95 % des DRH indiquent que du télétravail a été mis en place, 72 % sont concernés par la gestion d’arrêts de travail pour de la garde d’enfants et 59 % indiquent qu’ils doivent faire le nécessaire pour “poursuivre l’activité dans le site”. En outre, 41 % ont mis en place des dispositifs d’activité partielle, à temps plein ou partiellement. Enfin, 14 % des directeurs des ressources humaines ont reçu des demandes de droit de retrait.

 

Des DRH sur le pont

Comme nous l’expliquait l’expert François Geuze, expert RH juste avant le confinement, “Depuis l’épidémie de coronavirus, les RH ont fort à faire. Le chômage partiel ne se limite pas à remplir un bordereau administratif : il faut aussi expliquer au collaborateur à quelle sauce il va être mangé, l’incidence sur sa rémunération, et comment le lien sera maintenu avec son organisation. Le deuxième volet de leur travail actuel consiste à accompagner la mise en place du télétravail pour ceux qui le peuvent. Enfin, dans le cas où des collaborateurs viennent travailler dans leur entreprise en dépit du confinement, les ressources humaines doivent aussi s’assurer de l’application des règles et des précautions qui incombent à l’employeur dans le cadre de sa mission de protection des salariés”.

Aux DRH, également, de maintenir le contact avec les collaborateurs. Ils doivent ainsi assurer leur “suivi” et une écoute, si besoin en organisant des visioconférences régulières. Les ressources humaines tiennent aussi au courant les salariés de la politique de l’entreprise et les rassurent.

 

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Des entreprises pas prêtes pour le télétravail

Entre mi-mars et mi-avril, la mise en place du télétravail s’est avérée compliquée. Les DRH sont 58 % à déplorer des difficultés d’adaptation des collaborateurs aux outils d’échange à distance, 46 % à avoir fait face à un manque de matériel ou à des problèmes de connexion, et 38 % ont dû “accompagner les managers”. Enfin, un tiers des répondants indiquent avoir accompagné les salariés pour la prise en main de logiciels de travail collaboratif.

 

Préserver les salariés

Selon l’enquête, 41 % des DRH ont fait en sorte que les salariés en chômage partiel n’aient pas de perte de revenus. En outre, ils sont 36 % à prévoir de verser la prime exceptionnelle de pouvoir d’achat, et 32 % à envisager de maintenir la prime sur objectifs “malgré une baisse d’activité”. Toutefois, un tiers des entreprises pourraient reporter la date et les modalités de versement des primes d’intéressement ou de participation.

Les DRH sont aussi une majorité, 75 %, à gérer depuis un mois les arrêts de travail pour garde d’enfants de leurs collaborateurs. L’occasion d’une prise de conscience des contraintes familiales de ces derniers dans cette situation de confinement. “Les professionnels de la fonction RH notent des difficultés pour les parents de travailler à distance tout en assurant la continuité pédagogique ou les soins aux jeunes enfants. Ils recommandent, autant que possible, l’adaptation des horaires et des objectifs”, indique ainsi l’ANDRH.

 

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Vers un “retour à la normale” ?

Selon l’étude, la crise du coronavirus entraîne “une évolution des priorités RH” pour 2020. Les DRH restent optimistes et sont 76 % à penser qu’après la pandémie, ils reviendront à une activité normale. 33 % anticipent une digitalisation accélérée de l’entreprise comme “conséquence positive” de cette période exceptionnelle. Ils sont également 12 % à “miser” sur la formation à distance. Toutefois, 35 % des DRH indiquent tout de même prévoir une “baisse” ou un “gel” des recrutements en 2020.

“Cette crise, en modifiant profondément l’organisation du travail, mobilise toute l’énergie, les compétences et la créativité des DRH pour faire face aux impacts sociaux et organisationnels de la crise, tout en préparant un retour à la normale”, note l’ANDRH. “La reprise d’activité mettra au jour non seulement de nouvelles pratiques de communication et de collaboration, mais également un nouveau rapport au travail qui rendra le travail des RH toujours plus central et essentiel dans les organisations”, ajoute l’association.

 

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(1) “Les DRH face à la crise du Covid-19”, enquête réalisée du 26 mars au 6 avril 2020 auprès de 550 répondants.

 

 

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