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Covid-19 : la vaccination bientôt possible auprès des médecins du travail

Les services de santé au travail participeront à la campagne de vaccination contre le Covid-19, à partir de jeudi 25 février 2021. Mais ils ne pourront vacciner que les salariés à risque de plus de 50 ans. Sur la base du volontariat. Les employeurs, de leur côté, resteront en retrait, le processus incombant aux médecins du travail.

Après un mois de flou, le gouvernement a finalement donné le coup d’envoi de la vaccination en entreprise. À partir de jeudi 25 février 2021, ce seront donc les médecins du travail, dans les services de la santé au travail ou en interne dans les grandes entreprises quand ils en sont salariés, qui auront la possibilité de vacciner les collaborateurs volontaires, avec le vaccin AstraZeneca.

 

Une vaccination réservée aux salariés les plus fragiles

Mais tous les salariés ne seront pas éligibles : le vaccin sera réservé, dans un premier temps, à ceux âgés de 50 à 65 ans, et atteints de comorbidités ; soit les plus vulnérables. Selon le gouvernement, ce sont 4 millions de personnes fragiles qui sont ainsi concernées.

Initialement, l’intervention des médecins du travail n’était prévue que lors de la généralisation de la vaccination, mais le gouvernement compte sur eux pour accélérer le processus. Les services de santé se sont vus distribués le 16 février un protocole par le ministère du Travail, qui leur indique la marque à suivre.

La vaccination reposera aussi sur le volontariat des médecins du travail eux-mêmes. Après s’être rapprochés de la pharmacie d’officine de leur choix, ceux qui se porteront volontaires pour participer à la campagne “disposeront chacun d’un seul flacon (de 10 doses) lors de la première livraison (semaine du 22 février), et de 2 ou 3 flacons maximum pour la deuxième livraison (semaine du 1er mars)”, précise le “protocole pour la vaccination par les médecins du travail”.

 

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L’employeur restera en retrait

Au lieu d’être à l’origine de ces vaccinations, l’employeur sera lié de loin au processus, et restera en retrait. Il sera seulement invité à relayer l’information auprès de ses collaborateurs. Tout le reste relèvera ainsi du médecin du travail : c’est lui qui prendra individuellement contact avec les salariés pour leur proposer de les vacciner s’ils sont vulnérables et volontaires. Cela signifie donc que les dirigeants et les DRH ne pourront pas obliger leurs salariés à se faire vacciner, et qu’ils ne pourront pas non plus conditionner un retour au bureau à la présentation d’un certificat de vaccination.

Les salariés seront donc informés par leur entreprise et contactés par un service de santé au travail. Mais si personne ne les contacte, ils pourront aussi appeler d’eux-mêmes leur médecin du travail, ou un service de médecins gérant plusieurs entreprises, sans que leur employeur ne soit mis au courant.

 

Un secret médical difficile à garantir ?

En effet, le secret médical s’applique : “Tout doit être mis en œuvre pour le respect de la confidentialité des vaccinations vis-à-vis des employeurs. Il n’est donc pas envisageable de contacter les salariés concernés au moyen d’une convocation individuelle transmise sous couvert du chef d’entreprise, ceci ayant pour effet de signaler à l’employeur une information confidentielle concernant la santé du salarié en question”, indique le protocole. Qui ajoute qu’en conséquence, il serait “préférable d’envisager la vaccination de salariés dans les locaux du service, et non dans des locaux des entreprises”.

Cependant, le respect du secret médical pourrait être rendu difficile par le fait que les personnes de plus de 50 ans concernées “devront effectuer d’eux-mêmes la démarche de se rapprocher du SST en vue d’une vaccination”. Et que “s’ils doivent justifier de leur absence auprès de leur entreprise, ils l’informeront du fait qu’ils rencontrent leur médecin du travail à leur demande, sans avoir à en préciser le motif”, précise le ministère du Travail. Si l’employeur ne sera donc pas informé dans les détails, les salariés devraient ainsi leur dévoiler des indices.

 

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AstraZeneca : des effets secondaires à l’étude

Un autre frein pourrait ralentir cette vaccination des salariés fragiles. Lors du lancement du vaccin AstraZeneca au début du mois de février, plusieurs soignants, qui se sont fait vacciner, se sont plaints de syndromes pseudo-grippaux particulièrement virulents. L’Agence du médicament (ANSM) a ensuite indiqué que le “signal potentiel identifié  de syndromes pseudo-grippaux souvent de forte intensité (fièvre élevée, courbatures, maux de tête) et touchant des professionnels des établissements de santé se confirme”. 

Les 363 cas déclarés au total au 16 février concernent toutefois des personnes “très majoritairement âgées de moins de 50 ans (âge moyen de 31 ans)”, et l’ANSM estime que ces effets secondaires, “en cours d’évaluation au niveau européen”, ne devraient pas remettre en cause “le rapport bénéfice/risque du vaccin” AstraZeneca.

 

 

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