Les travaux menés par les experts de Deloitte dans le cadre de la réalisation de cette nouvelle étude témoignent de la rupture progressive avec les méthodes de travail traditionnelles, au profit de nouveaux modèles, plus agiles. Si les dirigeants partagent le souci d’adapter leur organisation pour renforcer la performance humaine, nombre d’entre eux semblent néanmoins rencontrer des difficultés à prendre les mesures nécessaires pour accompagner ces changements.
Concernant la productivité, l’étude démontre que les dirigeants peinent à déterminer de nouveaux critères d’évaluation de la performance plus adaptés à la situation actuelle du monde du travail. En effet, si les métriques traditionnelles de productivité telles que les heures travaillées et le temps passé sur les tâches deviennent de moins en moins pertinentes dans le milieu de travail actuel, les dirigeants expriment cependant des difficultés à faire émerger de nouveaux modèles. Alors que 74 % des interrogées estiment qu’il est « très » ou « extrêmement » important de rechercher de meilleurs moyens de mesurer les performances des collaborateurs, seuls 40 % déclarent faire quelque chose pour mettre en place de nouvelles métriques.
Aussi, face à la multiplication des données relatives au travail des collaborateurs, et à leur simplification d’accès pour les dirigeants, notamment par l’utilisation du digital, l’étude identifie un risque de mauvaise utilisation de la masse d’informations disponibles. A ce titre, 88 % des dirigeants déclarent qu’il est important pour la réussite de l’entreprise de mettre de plus en plus l’accent sur la confiance et la transparence entre les collaborateurs et l’organisation.
« Les anciens indicateurs utilisés pour mesurer la performance ne s’appliquent plus, et il n’y a pas de recette toute faite à suivre pour permettre aux organisations de prospérer dans ce nouvel environnement. Donner la priorité à la performance humaine, à la transparence et à la confiance pourra aider les organisations à embrasser et tirer parti de ce nouvel environnement », estime Patrie Plouvier, associé co-Lead Capital Humain, Deloitte France.
L’émergence de l’IA, un risque de déficit de productivité ?
À mesure que l’Intelligence Artificielle générative progresse, les organisations s’exposent à subir un déficit croissant d’imagination et de créativité. Ainsi, 75 % des dirigeants sondés ont l’intention d’accélérer l’utilisation de l’IA au cours des cinq prochaines années, tout en anticipant une perturbation significative des compétences actuelles de leurs employés.
Pour combler ce risque potentiel de déficit d’imagination, les organisations doivent faire du développement de softs skills telles que la curiosité, l’empathie et la créativité une priorité stratégique pour aider les collaborateurs à expérimenter de nouveaux modes de travail. A ce titre, 73 % des interrogés déclarent qu’il est important de veiller à ce que l’imagination humaine suive le rythme de l’innovation technologique, mais seulement 9 % entreprennent des actions concrètes internes pour garantir cet équilibre.
(1) Cette année, l’étude s’appuie sur une enquête menée auprès de plus de 14 000 dirigeants et responsables des ressources humaines, à travers 95 pays différents, incluant la France.