57 % des salariés envisagent une évolution professionnelle à deux ans, contre 50 % avant le Covid-19, selon un sondage Ifop. Principales raisons invoquées, une trop faible rémunération actuelle, et l’envie de se confronter à un nouveau défi.
À la veille de la crise du Covid-19, 50 % des salariés envisageaient une évolution professionnelle à 2 ans. Ils sont aujourd’hui 57 %, dont 21 % de manière certaine.
“Plusieurs éléments structurent cette volonté d’évolution professionnelle : plus le salarié est jeune, plus il a d’échelons à gravir, plus la volonté d’évolution professionnelle est forte. Ainsi 83 % des moins de 30 ans souhaitent évoluer, 63 % des 30 à 39 ans et 43 % des plus de 40 ans ; et cette volonté est également plus marquée chez les personnes ayant des responsabilités d’encadrement (62 %)”, indique l’Ifop, qui vient de publier les résultats d’un sondage sur l’évolution professionnelle.
L’enquête, réalisée pour la plate-forme Mon Conseil en Évolution Professionnelle (MEP) de Pôle emploi et France Compétences, a été menée auprès d’un échantillon de 1 207 personnes, représentatif de la population salariée française. Selon cette étude, deux raisons principales poussent les salariés à souhaiter évoluer professionnellement : 59 % citent une trop faible rémunération actuelle et 46 % l’envie de se confronter à un nouveau défi. Autres raisons, évoquées de manière plus marginale : le besoin de changer d’ambiance (21 %), le manque d’intérêt de leur travail (19 %), la pénibilité de leur travail (17 %), un désaccord au niveau des valeurs (14 %), et l’encadrement (12 %).
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46 % ont déjà bougé ces 3 dernières années
À noter que près de la moitié des salariés (46 %) ont connu une ou plusieurs évolutions professionnelles dans les 3 dernières années, soit 5 points de plus que début 2020. “Cette progression est due au nombre croissant de salariés qui déclarent avoir connu plusieurs évolutions professionnelles (18 % vs 13 % en 2020). Ces évolutions multiples sont plus fréquentes chez les jeunes (26 % des moins de 30 ans), mais aussi chez les personnes avec des fonctions d’encadrement (26 %) ou encore les personnes en CDD (30 %)”, observe l’Ifop.
Ces évolutions professionnelles déclarées par près de la moitié des salariés recouvrent des situations variées : 51 % déclarent avoir bénéficié d’un meilleur salaire (51 %), 36 % avoir acquis davantage de responsabilités et 28 % avoir changé de statut (28 %). Un sur 5 a également bénéficié d’une meilleure reconnaissance (21 %) ou acquis une qualification (21 %). “Les plus jeunes sont plus concernés par les évolutions salariales (58 % des moins de 30 ans), de même que les professions intermédiaires (57 %), tandis que les cadres sont bien plus fortement concernés par un accroissement de leurs responsabilités (53 %)”, peut-on lire dans l’étude.
Dans le détail, 56 % des salariés souhaitent évoluer dans le même secteur d’activité : “l’évolution professionnelle n’est pas vécue comme une rupture mais plutôt comme une continuité”, observe l’Ifop. Néanmoins 19 % souhaitent se reconvertir dans un autre secteur et 12 % se reconvertir dans le même secteur mais sur une autre fonction. Enfin, 8 % souhaitent créer leur activité, et 2% changer de région.
Finalement, 72 % des personnes ayant connu une évolution professionnelle au cours des 3 dernières années souhaitent en connaître une dans les deux ans à venir, “ce qui permet de faire l’hypothèse d’un cercle vertueux amenant le salarié à adapter au fil du temps son parcours et sa situation professionnelle à ses attentes”, conclut l’Ifop.