Dans un “portrait statistique”, l’Apec dresse le portrait des cadres du secteur privé, de leur insertion professionnelle à leur quotidien au travail, en passant par leurs aspirations et leur profil sociodémographique.
Les cadres ont-ils toujours les mêmes aspirations qu’en janvier 2021 ? À l’époque, avec un an de crise derrière eux, leurs préoccupations concernaient la préservation de leur emploi et une meilleure qualité de vie au travail. Ils étaient aussi en quête d’une plus grande offre de formation ; au leadership, au digital, mais aussi à la gestion des conflits et à la communication.
Aujourd’hui, selon le dernier “portrait statistique des cadres du secteur privé” réalisé par l’Apec et Datagora, une plate-forme de datavisualisation, leurs motivations professionnelles restent proches : “prendre du plaisir” dans leur travail, faire un métier qui a du sens, avoir une sécurité de l’emploi, et “entreprendre de nouveaux projets”. C’est dans cette perspective que 35 % d’entre eux envisagent de changer de poste dans les 3 années à venir, que la même proportion projette de changer d’entreprise, et que 23 % aspirent même à changer de métier.
Une fonction encore très masculine
L’étude, qui dresse un panorama très complet des cadres du privé, est aussi l’occasion de dresser leur “portrait type” actuel. En juillet 2021, les cadres sont en majorité des hommes (64 %), et sont principalement (57 %) âgés de 30 à 49 ans. 31 % ont plus de 50 ans, et seulement 12 % ont moins de 30 ans. À noter que 72 % des cadres managers sont des hommes.
Côté diplômes, 54 % des cadres ont un bac +5 ou plus. Tout particulièrement dans les secteurs à forte valeur ajoutée (60 %) et l’industrie (56 %).
Dans leur vie privée, la majorité des cadres sont en couple (74 %) et ont des enfants (57 %). La moitié d’entre eux (51 %) sont en couple avec un conjoint cadre.
Services, industrie et commerce
En ce qui concerne la place des cadres dans l’emploi, ces derniers représentent 21 % des salariés du privé. Ils travaillent en majorité (43 %) dans des services à forte valeur ajoutée : 13 % dans les activités juridiques et comptables, 11 % dans les banques-assurances, 10 % dans les activités informatiques, 6 % dans la communication – médias, 3 % dans l’ingénierie-R&D.
Dans une moindre mesure, 18 % évoluent dans l’industrie (équipements électriques et électroniques, chimie et industrie pharmaceutique, automobile-aéronautique, énergies), et 14 % dans le commerce.
94 % des cadres en CDI
L’étude de l’Apec détaille aussi les conditions d’emploi des cadres. On apprend ainsi que 94 % d’entre eux sont en CDI, et que 46 % obtiennent leur statut dès le début de carrière.
Coté rémunérations, 80 % des cadres gagnent entre 36 000 et 85 000 euros bruts annuels ; pour un salaire médian de 50 000 euros.
Des cadres principalement franciliens
“Sans surprise, l’Île-de-France reste le premier bassin d’emploi cadre, avec 45 % des effectifs, une situation géographique qui n’est pas sans impact sur le temps de trajet domicile-travail : plus d’1 cadre sur 3 (32 %) met 45 minutes pour se rendre au bureau”, observe l’Apec.
Enfin, 49 % des cadres vivent dans une métropole et moins de 2 % dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV).
Un équilibre vie pro – vie perso jugé “satisfaisant”
81 % des cadres “se disent satisfaits” de l’équilibre entre leur vie privée et leur vie professionnelle, et se considèrent en “bon état de santé général”.
Ils sont aussi une majorité (61 %) à considérer leur charge de travail comme équilibrée. “Un équilibre que les cadres parviennent à maintenir en dépit du fait qu’ils ne comptent généralement pas leurs heures”, précise l’Apec. Ainsi, 35 % travaillent entre 40 et 44 heures par semaine, 16 % entre 45 et 49 heures, et 18 % plus de 50 heures et plus.
En outre, les cadres semblent avoir des difficultés à se déconnecter : 28 % travaillent chez eux le soir ou le week-end au moins une fois par semaine, et 22 % plusieurs fois par semaine. Ils sont aussi nombreux à avoir l’habitude de répondre aux sollicitations professionnelles (consulter ses e-mails, répondre aux appels) en dehors du temps de travail : 63 % le font en semaine, 48 % pendant le week-end, et 36 % pendant les vacances.