Dans sa 8e étude, Grandes Écoles au Féminin (GEF) met le doigt sur les contradictions quant au pouvoir : il n’est pas genré mais tout le monde pense le contraire.
Les hommes et les femmes ont une perception genrée du pouvoir selon la 8e étude* de GEF. Une large majorité des répondants estime que les hommes et les femmes exercent le pouvoir de manière différente (60 % chez les hommes, 78 % chez les femmes). Or, selon le GEF, les femmes n’exercent pas le pouvoir différemment, c’est la mixité qui favorise un exercice du pouvoir diffèrent, notamment chez les femmes. “Aujourd’hui, les instances dirigeantes sont peu mixtes, ce qui ne favorise pas un changement de culture. Sans ce changement, et l’étude le montre, aujourd’hui, hommes et femmes en situation de pouvoir l’exercent de la même façon parce que le système induit ce type d’exercice là. Et c’est d’autant plus vrai que chacun en a une vision genrée”, analyse Patricia Delon, responsable des études GEF. Le pouvoir est toujours principalement exercé par les hommes et nos répondants sont 80 % à être persuadés qu’il est toujours plus difficile pour une femme d’accéder à un poste de direction : 90 % des femmes en sont convaincues, et une majorité des hommes (63 %) en conviennent.
Point intéressant, on note une différence de perception chez les millenials qui sont majoritairement certains que le nouveau pouvoir n’est pas une question de genre. “Pour eux, ce sujet est dépassé. En revanche, ils ne veulent pas d’un pouvoir descendant qui ne correspond pas à leurs aspirations. C’est une génération en quête de sens”, ajoute la responsable des études.
Le pouvoir, ce tabou
L’étude met en évidence un silence manifeste autour du sujet du pouvoir : 44 % des interviewés disent n’en parler que rarement ou jamais avec leurs collègues, 65 % avec leur hiérarchie. “Tout ça est très contradictoire. Les personnes interrogées ont fait des grandes écoles, des établissements plutôt faits pour exercer le pouvoir justement, mais ne sont pas capables d’en parler une fois sur le marché du travail”, explique Patricia Delon. Autre point pertinent, ceux qui ne sont pas en position de pouvoir le regrettent : 77 % des femmes interrogées, contre 64 % des hommes dans la même situation. Une différence de chiffre qui peut s’expliquer par le fait qu’elles subissent majoritairement cette situation. “La relation au pouvoir est ambivalente. Beaucoup de gens voudrait l’exercer mais c’est un sujet faiblement abordé parce qu’il est vu de manière négative”, conclut-elle. En effet, ils sont 92 % à penser que les personnes détenant le pouvoir changent de comportement et ce plutôt de façon négative.
* Étude menée auprès de 3 062 anciens diplômés d’écoles du réseau Grandes Ecoles au Féminin