Fondatrice de l’application de networking Axielles.com*, Frédérique Cintrat est également l’auteur de Comment vient l’ambition ? (paru le 1er mars 2018, aux éditions Eyrolles).
Votre livre vient d’être réédité, le sujet de l’ambition au féminin est toujours d’actualité. Quels sont les changements par rapport à la première édition (Comment l’ambition vient aux filles ?, paru en 2014, éditions Eyrolles) ?
Pour cette deuxième édition, cinq témoignages inédits et le mien sur le lancement de mon entreprise, ont été ajoutés, ainsi que des fiches trucs & astuces pour se lancer. Et surtout, j’ai décidé de m’adresser à une population plus large. L’ancienne édition s’appellait Comment l’ambition vient aux filles ?, les lecteurs pensaient que c’était un livre qui allait donner des secrets pour avoir de l’ambition. D’un côté, il y aurait l’ambition au féminin qui signifie quelque chose et l’ambition au masculin qui voudrait dire autre chose. Mais, l’ambition peut faire sens pour les femmes et les hommes. C’est un sujet important. Peut-être un peu plus pour les femmes. Et j’ai pu le vérifier en intervenant dans des conférences et en rencontrant un certain nombre de lectrices. Le sujet n’est pas toujours évident. Quand on parle d’ambition, ce n’est pas toujours clair, certains et certaines l’assument, d’autres non. D’autres l’affirment haut et fort et font bouger les choses. L’ambition c’est ce qui donne envie, ce qui fait avancer. À minima, il faut qu’il y ait cette envie d’y aller.
À part l’ambition, quel est le point commun des témoins ?
Ce sont des gens qui tentent, des faiseurs et des faiseuses. Ils ont envie de faire des choses et se disent que même, en cas d’échec, ils auront essayé. On parle beaucoup du mot oser mais je lui préfère le verbe essayer, y aller, tenter… Je pense qu’il y a une notion, assez forte, de courage et de prise de risques. Ils ont tous et toutes envie de laisser une empreinte, consciemment ou non. Leur ambition, ce n’est pas tant le poste qu’ils vont occuper mais s’ils font ou pas.
Dans le livre, vous évoquez votre passage dans une émission de télé, avec Elisabeth Badinter, en 1983, sur le sujet de l’ambition des filles, comment est venue la vôtre ?
À 17 ans, elle est venue naturellement. J’ai grandi dans une ferme, habituée à être avec des animaux, à la campagne. Mais, je n’ai pas été élevée pour rester dans le cercle domestique familial bien que j’ai grandi dans une famille d’agriculteurs dans laquelle on aurait plutôt tendance à laisser les garçons sortir et demander aux filles de rester à l’intérieur. Pour ma mère, il n’y avait pas de différence entre fille et garçon. Mon éducation m’a poussée à m’ouvrir sur le monde. Je travaillais bien à l’école, mes parents voulaient que j’ai un bon métier, institutrice ou professeur de maths, mais mes héroïnes étaient plutôt du genre de Fantomette. Je me posais la question “qu’est-ce que je veux devenir ?”. Mon ambition était de dire “voilà l’adulte que je veux devenir”.
Son livre
Comment vient l’ambition ? de Frédérique Cintrat, éditions Eyrolles.
En librairie depuis le 1er mars 2018.