Né aux Etats-Unis il y a une douzaine d’années, le gravel bike gagne du (tout) terrain en France. Fin juin 2022, Courrier Cadres a participé, à Angers, à la 2e édition du festival consacré à ce vélo passe-partout, entre balade bucolique et team building.
« Le gravel, c’est un vélo couteau suisse qui permet aller du bout de la rue au bout du monde, » s’enthousiasme Thierry Gintrand, directeur général de l’agence d’attractivité « Destination Angers » et ancien cycliste de haut niveau. C’est aussi l’un des organisateurs de la 2e édition de Nature is Bike, festival européen qui s’est de nouveau tenu, le dernier week-end de juin, dans la cité angevine, au carrefour de trois grandes véloroutes. Mais l’idée du gravel grinding, ou broyage de gravier en anglais, apparu il y a une douzaine d’années dans le Midwest américain, c’est de ne pas rouler que sur le bitume parmi les voitures : une sorte d’intermédiaire moins lourd et avec des roues moins larges qu’un VTT, mais plus costaud et passe-partout qu’un VTC, ou vélo tout chemin. « Il s’agit d’une activité dans l’air du temps car hybride mixant sport, tourisme, randonnée amicale ou familiale, analyse le sociologue Thomas Riffaud. Elle répond au désir de mobilité douce et à un besoin de découverte de son environnement plus ou moins éloigné. » Olivier Heissler, directeur général de l’agence de voyage GravelUp, « créateur d’aventures à vélo gravel », renchérit : « On éprouve un sentiment de liberté car on peut aller à la fois sur les sentiers et les routes. Le gravel, qui existe en version musculaire ou électrique, étend le champ des possibles. »
Des moments mémorables
Les seuls freins à cette pratique sont sur le guidon ! Alors c’est parti pour la découverte des environs d’Angers, en suivant les pistes de cailloux, terre ou herbe, à travers les champs ou les sous-bois. Yohan Biais, né il y a 27 ans dans cette même ville, est l’un des cent participants de Gravel Festive Cesbron Veloland, parcours d’une quarantaine de kilomètres en deux étapes : la moitié entre le cœur historique et le château de Plessis-Bourré, l’autre en mode nocturne, pour revenir au point de départ et assister aux concerts.
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Entre les deux, un barbecue festif dans le parc de la forteresse qui marie architecture médiévale et Renaissance, avec ses belles tours rondes cernées par l’eau des douves. Le jeune administrateur système et réseau s’est élancé avec sept autres salariés de la société Illico Réseau : « D’habitude, nous allons au bowling ou au restaurant. Cette sortie conviviale à vélo permet de renforcer les liens et de vivre de petits moments mémorables. Comme certains collègues sont beaucoup plus entraînés que moi, ils m’ont attendu et accompagné, encouragé quand j’étais trop fatigué : ça s’est joué au mental ! Cela nous a permis d’intégrer un nouveau, arrivé dans l’entreprise il y a un mois. » Même état d’esprit le lendemain lors de Gravel50 Bryton, 50 km en bord de Loire empruntés par cinq représentants de Lucy&Co, spécialiste du recrutement de cadres et du conseil en RH. « Au travail comme sur un vélo, nous faisons les choses sérieusement sans nous prendre au sérieux, résume Bruno Rollin, le co-créateur du cabinet angevin. Nous ne cherchons pas à foncer ni à entrer en compétition, mais à nous rassembler pour partager un bon moment. » L’expérience a tellement plu que les triathlètes de l’équipe ont décidé de troquer leur VTT pour le gravel.