La question de l’égalité des rémunérations entre les femmes et les hommes est un sujet qui fait toujours débat. Pourtant, selon une étude The Workforce View réalisée par ADP, deux salariés sur trois, femmes-hommes confondus estiment primordial de signaler les inégalités salariales dans leur entreprise.
Une fois encore cette année, le mouvement du #4Novembre16h16, date à partir de laquelle les femmes travailleraient, par rapport à leurs homologues hommes, “gratuitement” jusqu’à la fin de l’année, a fait parler de lui. Les écarts de rémunération semblent toujours d’actualité. Sur le plan mondial, les femmes sont encore payées en moyenne 63 % de ce que gagnent les hommes d’après l’étude. Plus de 6 salariés sur 10 estiment que les entreprises doivent renforcer la procédure de signalement. En effet, en France ce principe de signalement gagne du terrain avec la mise en place d’un index d’égalité professionnelle pour toutes les entreprises de 50 salariés et plus. Ces dernières doivent publier cet index tous les ans au 1er mars et le communiquer à leur CSE mais aussi à l’inspection du travail. Il se calcule à partir de quatre à cinq indicateurs suivant la taille de l’entreprise à savoir, l’écart de rémunération femme-hommes, l’écart de répartition des augmentations individuelles, l’écart de répartition des promotions, le nombre de salariées augmentées à leur retour de congé de maternité et enfin la parité parmi les dix plus hautes rémunérations.
Une législation adaptée ?
Pourtant, cela ne semble pas suffisamment strict. Un grand nombre d’entreprises, 17 000 au total, ne semblent pas se prêter au jeu de la transparence. Elisabeth Borne, ministre du Travail, appelle d’ailleurs ces entreprises de 50 à 250 collaborateurs à remplir le fameux index. Elle a également exprimé sa volonté de renforcer cet index par un nouvel indicateur. Ce dernier permettrait d’évaluer la place de la femme dans les postes décisionnaires des entreprises.
De l’autre côté de la frontière, les Espagnols sont également parvenus à se rassembler sur cette question. “Les entreprises ont 6 mois pour adapter leurs registres salariaux”, titre El Pais. Un décret, approuvé par le gouvernement espagnol, prévoit l’obligation pour les entreprises de publier les écarts de salaires entre leurs employés en fonction de leur sexe. Si les entreprises ne jouent pas le jeu, elles pourront s’exposer à des amendes pouvant aller jusqu’à 187 000 euros. En France, une sanction similaire s’applique. Sans prise en compte de la part des entreprises d’ici 2021, une sanction financière équivalente à 1 % de leur chiffre d’affaires leur sera appliquée.