Dans une société où l’informatique est devenue indispensable à l’entreprise, il est le garant du bon fonctionnement de ces systèmes. Intervenant sur les ordinateurs, les serveurs ou encore leur sécurité, l’ingénieur informaticien a vu ses fonctions s’étendre au fil du temps.
En 2011, les fonctions informatiques représentaient 17 % des recrutements d’ingénieurs, se plaçant au troisième rang des secteurs d’activité, selon l’enquête 2012 réalisée par Ingénieurs et Scientifiques de France. L’ingénieur informaticien intervient sur l’ensemble du parc informatique qui compose une entreprise. Qu’il soit interne à la société ou non, sa mission consiste à répondre aux besoins de celle-ci, en prenant plusieurs paramètres en compte. Un métier qui nécessite un renouvellement quasi quotidien et de ce fait, beaucoup de travail personnel, tant cet univers connaît une évolution rapide. “Une personne qui n’est pas en permanence en veille ne réussira pas lorsqu’elle sera dans l’opérationnel. C’est un domaine dans lequel on peut être dépassé en à peine un an, c’est pourquoi le métier demande une grande force d’apprendre”, pointe Matthieu Lahencina, gérant chez Helpi (assistance, maintenance et infogérance).
Une profession aux aspects multiples
“L’ingénieur informaticien doit penser aux besoins, différents suivant les services, et donc être à l’écoute afin de savoir où trouver des solutions”, explique Matthieu Lahencina. Pour cela, il doit étudier l’architecture de l’entreprise pour laquelle il officie par rapport à la demande, avec un aspect budgétaire non négligeable. Ainsi, il sera en mesure d’effectuer un contrôle sur l’intégration possible de ces besoins à la société concernée. Il se place donc comme celui qui est en lien avec les prestataires de l’entreprise afin que celle-ci dispose de tout ce dont elle a besoin. Matthieu Lahencina rapporte : “Il existe beaucoup de sous-métiers au sein de la profession. Cela relève de la gestion des équipes, du contrôle des flux internes et des réseaux, et il y a également une partie sécurité visant à contrôler l’utilisation faite et éventuellement les personnes qui s’introduisent dans le système”. Selon lui, ces composantes peuvent prendre différents aspects en fonction de la société, mais surtout de ses moyens. “Il y a soit quelqu’un pour chaque fonction, soit une seule et même personne qui s’occupe de tout cela. Dans ces cas-là, il y a des intervenants externes et la mission relève plus de la gestion de projets”.
Les besoins ont évolué
Avec 11 520 recrutements d’ingénieurs dans les fonctions informatiques en 2011 (enquête 2012 réalisée par Ingénieurs et Scientifiques de France), il existe une demande de la part des sociétés. “Les besoins en informatique ne sont pas toujours liés à la taille de l’entreprise, mais plus aux nouveaux métiers (community manager, e-business…, ndlr), c’est pourquoi il existe un vrai besoin actuellement”.
C’est en effet vers l’ingénieur informaticien que l’on va se tourner dès que quelque chose ne fonctionnera pas correctement. “La profession nécessite beaucoup de patience car c’est un métier stressant et il ne faut pas communiquer ce stress au client, souligne Matthieu Lahencina. Il ne faut donc pas paniquer lorsque dix personnes se mettent à crier car, par exemple, elles ne reçoivent plus leurs mails”. De plus, il précise que l’écoute joue un rôle important. Souvent, les problèmes sont effectivement exprimés de manière vague. Il met aussi en avant l’importance de la communication dans ce métier, “bien que cela ne soit pas toujours le premier atout de l’ingénieur informaticien”, s’amuse-t-il.
Attention cependant, le gérant d’Helpi tient à préciser que bien souvent, l’ingénieur informaticien se trouve sur un siège éjectable au sein de l’entreprise. “Par exemple, lorsqu’un groupe déménage, il se trouve au cœur du processus. Or, si l’objectif n’est pas atteint et que personne ne peut travailler correctement une fois dans les nouveaux locaux, il sera renvoyé, même si ce n’est pas réellement de sa faute”. Par ailleurs, Matthieu Lahencina ajoute que la plupart du temps, les ingénieurs informaticiens ne restent pas très longtemps au sein d’une même entreprise ; en moyenne, entre cinq et six ans selon lui.
Des parcours qui diffèrent
La formation la plus classique pour devenir ingénieur informaticien reste encore d’effectuer un Baccalauréat scientifique, suivi d’une classe préparatoire qui mènera à différentes écoles d’ingénieurs spécialisées dans le domaine. La plupart des ingénieurs informaticiens présentent alors des diplômes de niveau Bac + 5, qu’ils soient issus d’écoles ou d’un parcours universitaire. Néanmoins, tous n’ont pas effectué un cursus classique. “J’ai passé un Baccalauréat en informatique de gestion puis un BTS informatique de gestion en alternance, orienté maintenance informatique, rapporte Matthieu Lahencina. Pour moi, l’alternance a été un vrai choix car je pense que le terrain est ce qu’il y a de plus formateur dans ce métier. En complément, j’ai passé des certifications : Hewlett-Packard, Microsoft et Alcatel pour la téléphonie”. S’il se dit aujourd’hui très satisfait d’être passé par la voie de l’alternance, il n’est pas le seul. En effet, selon l’enquête des Ingénieurs et Scientifiques de France, 78 % d’ingénieurs (tous métiers confondus) issus de l’apprentissage sont prêts à recommander cette formation. Côté salaires, et bien que les sommes varient suivant l’entreprise pour laquelle l’ingénieur informaticien officie, Matthieu Lahencina déclare : “En moyenne, la rémunération démarre dans les 2 000 à 2 500 euros bruts mensuels. En fin de carrière, cela peut atteindre 10 000 à 15 000 euros”. Des propos étayés par l’étude qui souligne que le salaire annuel brut médian selon les âges en 2011 est de 53 015 euros chez les ingénieurs évoluant dans le secteur des systèmes d’information.