Surchargés, les cadres sont 95 % à penser à leur travail pendant leurs loisirs, selon une étude Ifop-Mooncard. Une “charge mentale professionnelle” potentiellement nocive pour leur vie personnelle et familiale, ainsi que pour leur santé.
“Le boulot s’immisce partout dans notre vie privée. Il s’invite sous notre toit, dans nos loisirs, et même sous la couette” : tel est le constat de l’étude Ifop-Mooncard publiée ce mercredi 13 novembre, consacrée à la “charge mentale du travail” et ses implications dans la vie personnelle.
“Beaucoup d’études se sont effet déjà penchées sur la charge mentale domestique et son impact au travail, mais jamais l’inverse. Or, la charge mentale professionnelle est un vrai fléau”, note Tristan Leteurtre, fondateur de la société de solutions de gestion des notes de frais Mooncard.
“Les cadres vivent le syndrome du vase qui déborde”
Selon l’étude, menée auprès d’un millier de cadres, 95 % d’entre eux “pensent à leur travail le soir à la maison”, 94 % le week-end, 62 % en faisant du sport, et 20 % en faisant l’amour. “Une réalité qui touche toutes les catégories de la population ; des jeunes (58 %) qui sont souvent décrits comme moins engagés dans l’entreprise, aux seniors (59 %) ; des provinciaux (60 %) aux Parisiens (59 %). Et le sujet concerne presqu’autant les hommes (58 %) que les femmes (64 %)”, indique Mooncard.
L’origine de ce phénomène serait à rechercher dans la surcharge de travail des cadres, qui sont 83 % à affirmer avoir “plus de choses à faire qu’avant”, 74 % à indiquer “recevoir trop” de messages électroniques, et 77 % à expliquer “avoir trop de tâches (notamment administratives) à gérer” en même temps.
“Au hit-parade des plus pénibles : la gestion des e-mails et la fréquence des réunions (63 %), et la gestion des notes de frais (41 %)”, indique l’étude. “Comme un vase qui déborde, la journée de travail des cadres ne leur permet plus de faire face à leurs obligations. Ils sont dès lors condamnés à importer à la maison les sujets rencontrés au bureau”, ajoute-t-elle.
Une charge mentale “dangereuse pour la vie personnelle et familiale” des cadres
“Cette charge mentale professionnelle est dangereuse pour la vie personnelle, familiale et conjugale des cadres”, constate Mooncard. Ainsi, ceux qui “pensent très souvent” au travail en rentrant chez eux sont 73 % à éprouver fréquemment des difficultés à “concilier vie pro et vie perso”, et 58 % des interrogés constatent avoir des tensions avec leur conjoint quand ils “y pensent très souvent”.
“Le fait d’avoir une famille n’aide nullement à déconnecter. Au contraire, ceux qui ont deux enfants ou plus sont plus nombreux à songer souvent au travail pendant le week-end, probablement car ils doivent davantage anticiper leur semaine de travail à venir en jonglant avec leurs contraintes familiales prévisibles”, note Mooncard.
Selon l’étude, la “charge mentale” du travail peut aussi impacter dangereusement la santé : “Le fait de penser au travail le soir est hyper corrélé avec le niveau de stress ressenti.” Ainsi, 85 % des salariés “fréquemment” stressés dans leur vie professionnelle pensent “souvent” au travail le soir, contre 42 % de ceux qui le sont “rarement”. En outre, 75 % des cadres interrogés indiquent éprouver régulièrement des problèmes de sommeil “à cause du travail”.
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