Lorsque l’on évoque la Thaïlande, on pense d’abord à ses stations balnéaires comme Phuket, faites de paysages idylliques. Pourtant, le pays a d’autres qualités, notamment pour ceux qui souhaitent y tenter une aventure professionnelle.
Il ne sont pas moins de 10 000 Français expatriés sur le territoire thaïlandais selon la Chambre de commerce et d’industrie franco-thaïlandaise. Un chiffre significatif de l’engouement suscité par le pays. Suite aux importantes inondations qui ont frappé la Thaïlande en 2011, touchant de plein fouet son économie par la même occasion, le pays n’en reste pas moins très dynamique. Pour les cadres français qui souhaitent s’y implanter, “la qualité de vie est bonne et le niveau de vie plus que correct”, annonce Lucas Boudet, directeur de la CCI franco-thaïlandaise.
Un marché qui se porte bien
La Thaïlande offre certaines opportunités aux étrangers. Aussi, pour Lucas Boudet, “les entreprises recherchent surtout des postes de type ingénieur. Il y a une demande de technicité que les Occidentaux ont plus que les Thaïs. Le secteur industriel recrute également beaucoup. On cherche des ingénieurs qualité et mécanique, mais aussi des commerciaux. Par ailleurs, la prise d’initiative est souvent plus forte chez les Européens et c’est une qualité appréciée sur place”. Attention cependant, car si le marché est certes en pleine expansion et le taux de chômage seulement de 1 %, l’État thaïlandais affiche une préférence pour les étrangers venant passer leur retraite au soleil plutôt que pour les actifs à la recherche de travail sur place. Il y a donc bel et bien deux marchés de l’emploi distincts : celui des étrangers et celui des locaux. “Bien que l’emploi se porte bien, les opportunités sont plus réduites pour les non Thaïlandais, révèle Lucas Boudet. Ainsi, soit ils occupent des postes techniques, soit ils travaillent pour des groupes internationaux”.
L’autre difficulté réside dans le fait que parler le thaï est quasiment indispensable pour exercer une activité professionnelle sur place. En effet, “dans un univers où l’on occupe une position d’encadrement ou pour les fonctions commerciales, l’anglais ne suffit pas”, précise le directeur de la CCI franco-thaïlandaise. Un challenge de taille.
Comme beaucoup de pays, la Thaïlande présente des spécificités en fonction de ses régions. “Les opportunités diffèrent. La ville de Bangkok compte douze millions d’habitants et est entourée de grandes provinces industrielles, pointe Lucas Boudet. Phuket, quant à elle, est plus assimilée à une station balnéaire et concerne donc les activités liées au tourisme”. La Maison des Français de l’étranger (MFE) précise* que “Bangkok est le premier centre industriel du pays (agro-alimentaire, textile, ciment, pétrole raffiné et constructions mécaniques)”. En Thaïlande, les zones industrielles sont des villes à part entière. Selon la MFE, le secteur énergies et industries occupait 15 % de la population active et contribuait pour 44 % au PNB du pays en 2010.
Formalités d’accès
Afin de vous installer en Thaïlande dans les meilleures conditions, il faut savoir qu’un visa touristique est établi pour une durée allant de un à trois mois, selon Lucas Boudet. Avec ce visa, toute activité commerciale est interdite. Ainsi, pour travailler, deux documents sont absolument indispensables : “Le visa de travail et un permis de travail. Si vous n’avez pas ces deux documents, vous n’avez pas le droit d’exercer une activité professionnelle sur le territoire. Cela reflète le protectionnisme du pays par rapport à l’emploi”.
Selon le directeur de la CCI franco-thaïlandaise, chez les cadres français, ce sont souvent des couples qui viennent s’installer après que l’un d’entre eux a trouvé un emploi sur place. Le conjoint se voit alors attribuer un visa 0, n’autorisant pas à exercer une activité professionnelle. “Le visa de travail est délivré pour un an, et il exige de se présenter tous les trois mois pour justifier que l’on réside bien sur place”, précise Lucas Boudet.
Côté salaire, il ajoute qu’un étranger qualifié se trouvera dans des niveaux de rémunération semblables à ceux pratiqués en Europe. Cependant, qu’en est-il du coût de la vie sur place ?
Des prix équivalents
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le coût de la vie en Thaïlande est relativement similaire à celui de l’Europe. Les biens de consommation du quotidien tels que les vêtements ou l’électroménager affichent des prix sensiblement proches de ceux de l’Europe. La MFE relevait qu’en moyenne, en 2010, un trois pièces dans un quartier résidentiel de Bangkok représentait un loyer mensuel de 2 000 euros, et de 1 100 euros en banlieue, à surface équivalente. Cependant, Lucas Boudet précise : “Si côté immobilier les prix sont approximativement les mêmes, les appartements et villas offrent des prestations supplémentaires pour ce prix comme une piscine ou encore un bain à remous ”. Seule différence, “les services, quant à eux, ne sont pas très onéreux. Par exemple, le taxi ne coûte vraiment pas grand chose”. Il ajoute que les restaurants et l’achat de nourriture sont également moins chers qu’en France.
Enfin, et pour pouvoir profiter pleinement du pays, la MFE souligne que la climatisation est un élément indispensable en Thaïlande pour un étranger. Il est donc nécessaire d’opter pour une habitation équipée.
*Dossier Pays MFE consacré à la Thaïlande.