Dans l’inconscient collectif, faire des heures supplémentaires serait une preuve d’investissement dans son travail. C’est en tout cas ce que pense plus d’un Français sur deux (55 %), plus particulièrement au sein des jeunes générations (+7 % pour les générations Y et Z).
Mais au-delà de vouloir faire leurs preuves, les salariés ont également été « conditionnés » – souvent involontairement, à étendre leurs heures de travail. Il est en effet fréquent que les salariés de bureau aient le sentiment que leurs horaires sont surveillés (45 %). Mais les employeurs ne se révèlent pas les uniques cerbères des employés, car les pairs jouent également ce rôle : 29 % des salariés de bureau interrogés déclarent faire l’objet de remarques de la part de leurs collègues quand ils quittent le travail plus tôt ou « à l’heure ». Ils sont 42 % parmi les moins de 35 ans ; un chiffre expliquant alors leur besoin de prouver qu’ils travaillent réellement… Même si 47 % des jeunes salariés disent aussi qu’il leur arrive de faire semblant de travailler.
Les effets néfastes du présentéisme
Lorsqu’un ou plusieurs salariés font du présentéisme, les impacts négatifs sont nombreux : perte de productivité, augmentation du risque de burn-out ou de bore-out, détérioration de l’atmosphère de travail, risques socio-professionnels, démotiavtion, etc. « Il est temps de faire évoluer les paradigmes quand il s’agit de la gestion du temps de travail, aussi bien du côté des salariés que des entreprises. Pour y parvenir, modifier l’organisation du travail peut être une solution : encourager le télétravail, instaurer des créneaux horaires clairs et donner la possibilité aux salariés de les moduler en fonction de leurs contraintes personnelles et professionnelles, sont quelques exemples, commente Marian Pumir de Louvigny, Senior Product Manager chez Factorial. Des formations ou des journées de prévention sur les risques physiques et psychologiques du présentéisme sont également de bons moyens de sensibiliser les salariés ».
Bonne nouvelle : la flexibilité découlant de l’adoption massive du télétravail a bousculé les habitudes, si bien que 61 % des salariés français déclarent aujourd’hui que les horaires de travail classiques et fixes n’ont plus vraiment de sens. Preuve que les mentalités changent tout de même…