À l’occasion des Assises de la parité organisées ce jeudi 20 juin, KPMG et l’association International Women’s Forum France se sont penchés sur la parité dans les entreprises non cotées.
Les entreprises non cotées sont plutôt bonnes élèves quand il s’agit de parité dans les conseils d’administration ou conseils de surveillance. En effet, les chiffres observés dans les sociétés de 50 à 500 salariés montrent que ces structures ont atteint un taux déclaré de 22 % de femmes (22,6 pour les PME de 50 à 250 salariés et 21,7 % pour les ETI de 250 à 500 salariés). Or, les taux traditionnellement mesurés sont plutôt proches de 17 à 18 %, ce qui semblerait indiquer une vitesse faible mais positive de cette féminisation.
“Les entreprises non cotées représentent l’essentiel du tissu économique du pays”, affirme Marie Guillemot, directrice-associée de KPMG France. “Une PME n’est pas une grande entreprise en miniature. Elle est souvent créée par un chef d’entreprise qui place des gens de confiance autour de lui, avec les compétences dont il a besoin”, renchérit Jean-Lou Blachier, vice-président délégué de la CPME. Par contre, l’étude constate que le recours à la loi Copé-Zimmermann est plutôt efficace puisque le pourcentage de femmes dans les entreprises de 500 à 2 500 personnes atteint 43,8 %, alors que la loi impose 40 % minimum au sein des conseils d’administration pour le genre le moins représenté.
L’analyse par secteur d’activité fait ressortir un taux de féminisation des conseils en retrait pour le BTP (mais qui reste dans la marge d’erreur des 40 %), et un secteur du retail et des services BtoC en pointe avec un taux légèrement supérieur à 46 %.
Chantier en cours
Si les chiffres restent encore à améliorer pour les entreprises de moins de 500 salariés, seul un tiers des dirigeants déclarent avoir un projet en ce sens, mais la mise en oeuvre à brève échéance ne concerne plus que 19 % des petites ETI et 10 % des PME. Malheureusement, respectivement 42 % et 34 % de ces entreprises n’ont pas d’opinion sur ce sujet. “Il reste encore à éduquer les entreprises”, commente Dominique Carlac’h, vice-présidente du Medef.
Quand on se penche sur les motivations des chefs d’entreprise à féminiser les conseils d’administration, ils mettent en avant l’intégration de nouvelles compétences alors que la pression de la loi se substitue pour les plus grandes entreprises à la nécessité d’une plus grande équité ou d’une évolution naturelle des recrutements.
L’exécutif à la peine
En ce qui concerne la parité parmi les comités exécutifs ou directoires, la difficulté est la même pour tous les types d’entreprises, dépassant péniblement les 20 % pour les plus grandes (23,4 % pour celles entre 500 et 2500 salariés ; 21,5 % pour celles entre 250 et 500 et 21,2 % pour les 50-250). Ce sont les services BtoB qui enregistrent le plus haut score avec un taux de féminisation de 23 %. La prise de conscience d’une évolution est faible, avec à peine plus de 18 % des dirigeants de PME qui affirment avoir un projet, et moins de 5 % si on ne prend en compte que les projets à court terme. Ce chiffre pondéré n’atteint que 8 % pour les entreprises de plus de 500 personnes.“Je vous laisse imaginer le nombre d’années qu’il faut encore pour arriver à la parité pour l’exécutif”, conclut Marie Guillemot.