Le cabinet d’avocats Allen & Overy a fermé ses portes lundi soir. Le DRH du bureau parisien, Jean-Baptiste Lebelle, revient pour Courrier Cadres sur toutes les solutions mises en place ces dernières 48 heures pour les 300 salariés du cabinet.
Comment avez-vous essayé de vous préparer à cette crise sanitaire exceptionnelle ?
Aujourd’hui, 90 % de notre personnel est en mesure de travailler à distance. Ce sont des équipes déjà très aguerries aux notions de télétravail. En revanche, nous avons dû nous concentrer sur une catégorie de salariés non éligibles au travail à distance, stagiaires ou encore secrétaires. Bien entendu, nous avons également effectué des commandes de matériels pour anticiper cette situation. Les retours d’expérience de nos bureaux chinois et italiens nous ont permis de nous préparer bien en amont. Aujourd’hui, nous tenons des visio-conférences quotidiennes et notre préoccupation va vers les plus jeunes de nos avocats, souvent célibataires, qui restent assez isolés. Nous avons développé une newsletter quotidienne dictant les ‘best practices’ du télétravail, sur un ton moins anxiogène que nos publications formelles.
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L’activité du cabinet parisien est-elle à l’arrêt ?
Non, pas du tout. Si un tiers de nos équipes, dédiées aux opérations de fusion acquisition, sont effectivement assez impactés, les deux tiers restantes sont considérablement sollicitées par nos clients. Sur des problématiques de trésoreries d’entreprise, de contrat de prêt, de gestion des salariés ou encore de droit public. Aujourd’hui, le cabinet est prêt à gérer cette période de télétravail. Outre la visioconférence, nous maîtrisons les notions de signature électronique ou de relecture des documents juridiques. Il y a deux ans, cette aisance dans le travail à distance aurait été impossible. Je dois vous avouer que les grèves du mois de décembre nous ont également permis de faire un test en grandeur nature.
Savez-vous quel sera l’impact de cette crise sanitaire sur le cabinet ?
Il est encore trop tôt pour le dire. Mais notre filiale chinoise a repris une très forte activité après sa réouverture. Les problématiques de nos clients resteront les mêmes après la crise du Covid-19. Même s’il est évident qu’il y aura un avant et un après coronavirus. Quant à nos salariés, je ne pense pas qu’il y ait eu d’effet de sidération, car outre le fait que ces derniers sont très à l’aise avec ces notions de télétravail, ils ont été rapidement informés de la situation via nos autres filiales en Chine et en Italie.