Selon une étude réalisée par Boyden et l’Ifop, les cadres entre 35 et 45 ans sont satisfaits de leur situation professionnelle mais voudraient plus de dialogue et de collaboration au sein de leurs entités.
Le cabinet de recrutement Boyden a présenté son 2e baromètre* sur les jeunes cadres, réalisé avec l’Ifop. Si 82 % des personnes interrogées sont satisfaites de leur situation professionnelle, c’est grâce au contenu de leur travail et aux missions correspondantes (81 %). Par contre, ils ne sont que 69 % à être optimistes quant à leur future situation professionnelle mais 78 % pour leur secteur d’activité, “un bloc d’optimisme dans un océan de pessimisme”, analyse Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l’Ifop. Point intéressant à noter, quand cela concerne l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, ils sont 65 % à être optimiste. Le chiffre tombe à 55 % quand il s’agit des femmes, un indice montrant que la situation n’a pas vraiment changé.
Transformer l’entreprise
Ils sont 88 % à considérer que leur entreprise se transforme. Encore mieux, la majorité d’entre eux associent la transformation des entreprises à une opportunité voire à une nécessité. 98 % estiment que la transformation est en cours ou sur le point de se mettre en place. D’ailleurs, 73 % pensent que ces changements auront des effets positifs pour eux. Spontanément, ils considèrent que le principal vecteur de transformation reste la transformation numérique. Pourtant, quand on leur pose la question des aspects qu’ils souhaiteraient voir transformés en priorité, les réponses évoquent le dialogue, le développement du collaboratif, la responsabilisation, les modes de rémunération et l’organisation du temps du travail.
“Il y a un réel décalage entre les attentes de ces jeunes managers et ce que fait l’entreprise. La transformation n’est pas là où ils l’attendent”, souligne Frédéric Dabi. Pourtant, ces mêmes cadres veulent évoluer vers des fonctions de direction au cours des cinq prochaines années, en devenant dirigeant de leur entreprise actuelle (46 %) mais aussi en créant leur propre entreprise (26 %) ou en rejoignant une start-up (23 %). Les transformations qu’ils initieraient prioritairement en tant que dirigeant sont liées aux ressources humaines et à la valorisation du capital humain : toujours ce dialogue/développement du collaboratif (40 %), la formation et le développement des compétences (36 %) et l’évolution des styles de management (31 %). Toujours en tant que dirigeant, quelle serait la valeur qu’ils souhaiteraient promouvoir ? Pour près de la moitié d’entre eux (47 %), le sens donné au travail. “Cette étude nous conforte dans ce que nous observons au quotidien avec nos candidats, à savoir qu’ils sont à la recherche de projets d’entreprise alignés sur leurs valeurs personnelles et dans lesquels ils vont pouvoir apporter une réelle contribution”, souligne Anita Pouplard, associée chez Boyden.
Mobilité professionnelle
74 % des cadres interrogés envisagent une mobilité professionnelle. Leurs principaux facteurs de motivation ? Une accélération de carrière (59 %), la découverte d’autres cultures (45 %) et le changement de trajectoire professionnelle (39 %). Pour aller où ? En Europe pour 66 %, en Amérique du Nord (48 %) et Australie/Océanie (33 %). 75 % d’entre eux seraient prêts à accepter une mutation dans un autre pays européen si leur employeur leur proposait. Quand on leur demande plus de précisions quant aux pays qui les attireraient, l’Espagne, l’Allemagne et l’Italie trustent les premières marches du podium.
Pourtant, selon les personnes interrogées, les pays les plus avancés en matière de transformation des entreprises sont l’Allemagne, la Belgique et les Pays-Bas et le Royaume-Uni, pays qui ne font pas partie de ceux plébiscités pour une expatriation. “À la veille des élections européennes, on se rend compte que les jeunes cadres dirigeants sont très attachés à l’Europe. L’Europe propose une belle synthèse entre leur envie d’améliorer la qualité de leur vie personnelle et leur ambition de développement professionnel”, évoque Anne Raphaël, associée chez Boyden.
* Étude menée auprès de 712 cadres dirigeants âgés de 35 à 45 ans à la tête d’une équipe d’au moins 5 personnes, issus d’un échantillon global de 3 009 personnes, représentatif des cadres actifs au sein d’entreprises de 50 salariés et plus.