Sur les plateformes comme LinkedIn ou Medium, les récits flamboyants des entrepreneurs captivent l’attention. Chaque success story semble ériger l’entrepreneuriat en graal ultime de l’accomplissement professionnel. Pourtant, derrière cette glorification se cachent souvent des stéréotypes dévalorisants pour les salariés « lambda », présentés comme des pions dans un jeu d’entreprise où seuls les indépendants triomphent.
Cependant, les faits sont bien plus nuancés. Une étude récente de l’IFOP révèle que 81 % des salariés trouvent du bonheur dans leur travail quotidien. D’après Deloitte, 88 % estiment que leur entreprise favorise leur développement personnel et professionnel, tandis que Kantar indique que 75 % jugent que leur emploi correspond à leurs valeurs personnelles.
Ces chiffres contredisent l’idée reçue selon laquelle seul l’entrepreneuriat permettrait un épanouissement professionnel. Alors, pourquoi entretenir cette opposition artificielle entre l’entrepreneuriat et le salariat ? Pourquoi ne pas plutôt mettre en lumière les millions de talents qui contribuent chaque jour au succès des entreprises ?
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Révéler les succès méconnus de l’intrapreneuriat
Certaines innovations ont émergé au sein même de grandes entreprises, grâce à des salariés visionnaires. Voici quelques exemples :
Gmail : en 2001, Paul Buchheit, ingénieur chez Google, utilise son « 20 % time » pour développer un prototype de client mail. Ce projet passionné devient Gmail, aujourd’hui utilisé par 1,5 milliard d’utilisateurs à travers le monde.
Le « Like » de Facebook : en 2007, des employés de Facebook suggèrent l’ajout d’un bouton « J’aime ». Cette idée, affinée au fil du temps, devient le fameux « Like » qui a redéfini l’interaction sociale en ligne.
La mascotte Vivienne de Louis Vuitton : en 2018, Régis Bégué, directeur de studio chez Louis Vuitton, imagine la mascotte Vivienne pour incarner l’esprit de la marque. Cette création digitale est aujourd’hui une figure emblématique de la maison Louis Vuitton.
Selon KPMG, 75 % des dirigeants voient dans l’intrapreneuriat un levier essentiel d’innovation. Pourtant, selon une étude d’Accenture, seules 17 % des entreprises disposent d’un programme structuré pour soutenir cette démarche. Il est clair que des efforts substantiels restent à fournir pour exploiter pleinement ce potentiel.
Pour un avenir où l’intrapreneuriat règne en maître
Il est temps de briser les barrières qui limitent l’intrapreneuriat à une simple anecdote dans l’ombre de l’entrepreneuriat individuel. Encourager l’intrapreneuriat non seulement stimule l’innovation interne, mais renforce aussi la rétention des talents et la compétitivité des entreprises à long terme.
Plutôt que de perpétuer l’idée que seuls les entrepreneurs sont des créateurs de valeur, il est impératif de célébrer et de promouvoir les réussites des intrapreneurs. Ces individus dynamiques et déterminés sont les piliers sur lesquels reposent les avancées significatives au sein des grandes organisations. Valorisons l’intrapreneuriat comme une voie respectée et gratifiante pour ceux qui aspirent à laisser leur empreinte, que ce soit au sein d’une start-up agile ou d’une institution historique. L’avenir de l’innovation dépend de notre capacité à reconnaître et à soutenir ces architectes du changement.