Lyon rayonne par son dynamisme et son attractivité. Bénéficiant de l’image d’une ville où il fait bon vivre et dotée d’un grand parc d’activités, la commune semble lier de manière presque parfaite l’utile à l’agréable. Quelles opportunités s’offrent alors aux cadres sur place ?
Soixante-six pour cent des jeunes cadres placent Lyon en tête des agglomérations françaises jugées les plus attractives*. Avec près de 480 000 habitants**, la positionnant ainsi troisième ville de France en matière de population, il est vrai que le dynamisme économique ainsi que l’emplacement géographique stratégique de la ville attirent incontestablement. Surnommée “le petit Paris”, Lyon semble pourtant avoir tout d’une grande et offrir un cadre opportun au bon développement de ses entreprises et à l’épanouissement de ses habitants.
Une région dynamique
De par sa situation géographique presque au centre de l’Europe de l’Ouest, et forte de la présence de nombreux sièges sociaux, la ville de Lyon est un réel bassin d’activité français. Cela explique qu’un large panel de secteurs d’activités soit représenté dans la région. Ainsi, de grandes entreprises ont fait la renommée de toute une ville : Sanofi Pasteur, Renault Trucks, Boiron, ou encore GL Events.
Jérôme Lieutier, responsable de la région Rhône-Alpes chez Expectra (réseau de recrutement de hautes compétences) explique par conséquent qu’“il n’y a pas vraiment un secteur qui dynamise les autres comme cela peut par exemple être le cas de l’aéronautique dans la ville de Toulouse. Il existe un certain équilibre entre tous les domaines d’activités”. Un avantage considérable puisque ce sont ainsi toutes les spécialités ou presque qui sont représentées dans la ville et sa région, ce qui favorise sensiblement la mobilité de certains cadres, notamment lorsque le projet de venir s’installer en Rhône-Alpes est celui d’un couple. “S’il y a bien un endroit où je suis à l’aise pour dire que le conjoint trouvera un travail facilement, c’est ici. Par ailleurs, nous sommes seulement à une heure de route de Grenoble, qui est un gros tissu économique en matière de technologies. Certains couples de cadres habitent donc par exemple entre les deux villes pour que chacun puisse être à une demi heure de son lieu de travail”, rapporte Stéphane Jobert, PDG de Kuribay HR Consulting, cabinet de conseil et services en ressources humaines à Lyon. Bien qu’un vaste domaine de compétences soit représenté, “l’industrie recrute plus particulièrement. Les PME, PMI et même les TPE ont dernièrement lancé beaucoup de projets, constate Stéphane Jobert. Le premier trimestre 2012 a vraiment été très dynamique, à tel point que nous avons même été débordés et que nous avons dû nous réorganiser en fonction de cela. Des postes de directeurs financiers, d’ingénieurs, de contrôleurs de gestion, ou en lien avec l’innovation et la recherche et le développement sont particulièrement recherchés, ainsi que des commerciaux. C’est vraiment très varié”.
Évidemment, la crise n’a pas épargné la ville, mais elle semble pourtant faire désormais partie de son passé. “La région a très vite plongé dès les prémices de la crise économique, mais grâce à son dynamisme, à peine six mois après, c’était reparti et les entreprises recrutaient à nouveau”, s’étonne encore Jérôme Lieutier. Par ailleurs, il ajoute qu’un des avantages non négligeables de la ville est également qu’“elle se trouve à peine à deux heures de Paris en TGV”.
Un cadre de vie attractif
Outre leur dynamisme économique, Lyon et sa région rayonnent également par la qualité de vie exceptionnelle qu’elles offrent. Un argument qui pèse lourd dans la balance, notamment auprès des cadres d’Île-de-France. “Au niveau des prix de l’immobilier, Lyon se situe dans les 3 500 à 4 000 euros du mètre carré, ce qui en fait une ville qui reste moins chère que Paris ou Marseille. Par ailleurs, dès que vous faites quelques kilomètres, vous êtes à la campagne, donc les prix baissent jusqu’à 3 000 euros du mètre carré environ”, note Jérôme Lieutier. Autre avantage, et pas des moindres, la proximité des stations de ski et des stations balnéaires du Sud de la France. “Lyon est un centre de gravité entre mer et montagne, en à peine une heure, vous pouvez être sur les pistes, et en TGV, Marseille ne se trouve qu’à une heure et demie”, explique le PDG de Kuribay HR Consulting.
Si la ville est dynamique d’un point de vue professionnel, elle l’est également au plan culturel. “Lorsque l’on quitte Paris, on a souvent peur de perdre cet accès à la culture qu’offre la capitale. Mais il y a aussi beaucoup de théâtres, de musées, ou de festivals à Lyon, c’est une ville qui est en mouvement”, poursuit-il. Jérôme Lieutier vient étayer ses propos en ajoutant : “Ici, on peut facilement trouver un secteur apaisant de type mer ou campagne sans avoir trop de trajet à faire. Il est donc possible d’habiter à la campagne et de travailler à Lyon sans avoir à faire des heures de voiture chaque jour. Il existe un vrai équilibre entre vie économique, culturelle et privée ; ajoutez à cela un immobilier raisonnable, il est difficile de ne pas être tenté”. Pour ceux qui ne souhaitent pas se déplacer en voiture, il ajoute que l’“on peut tout à fait vivre sans voiture car les transports en commun déservent très bien la ville et sa région, cela permet d’avoir le choix, c’est un vrai confort”.
Une intégration difficile ?
Lyon semble réunir énormément de points positifs pour qu’un cadre s’y sente parfaitement à l’aise, tant concernant sa vie privée que professionnelle. Alors la cité des “gones” n’aurait-elle que des avantages ? Ville bourgeoise, ses habitants ont pourtant parfois une réputation d’être des personnes relativement fermées. “On dit souvent qu’il était très compliqué de s’intégrer à Lyon il y a une vingtaine d’années, comme c’était le cas à Aix-en-Provence ou à Marseille. C’était vrai autrefois, mais ça ne l’est plus du tout. Aujourd’hui, Lyon ne donne plus cette image de ville froide et fermée”, confie Jérôme Lieutier. Pour Stéphane Jobert, l’intégration est avant tout une question de personnalité. “Historiquement, Lyon est une ville bourgeoise, difficilement pénétrable. C’est désormais différent. Évidemment, comme partout, si vous n’allez pas vers les autres, il sera plus compliqué de s’intégrer. En revanche, si dès votre arrivée vous vous inscrivez dans un club de sport, dans une association, ou tout simplement en emmenant les enfants à l’école, vous ferez très facilement des connaissances. Pour moi, la ville ne présente pas plus de difficultés qu’une autre”. Il semblerait que le passé un peu rigide de Lyon ne soit plus d’actualité bien qu’il existe encore d’irréductibles quartiers : “Vous n’allez pas vous installer dans le quartier des Neys si vous arrivez de Bourg-en-Bresse. Le sixième et le deuxième arrondissement sont un peu moins ouverts mais le quartier de la Croix-Rousse, les troisième, quatrième et septième arrondissements sont vraiment très faciles et beaucoup de gens ne sont pas originaires de Lyon”, précise Augustin Michon, directeur associé de Co-Efficience, cabinet de recrutement multispécialisé à Lyon.
Un projet de vie
Si, comme beaucoup de jeunes cadres français, vous souhaitez goûter à la douceur de vivre et au dynamisme lyonnais, il faudra mettre certains atouts de votre côté. “Le niveau d’anglais doit être bon, car les projets des entreprises de la région sont de plus en plus internationaux. Par ailleurs, les cadres sont rarement mobiles, donc lorsque par exemple, vous êtes en Île-de-France et que vous répondez à une annonce pour un poste à Lyon, précisez dans votre lettre de motivation que vous êtes réellement mobile, que c’est un projet de vie, conseille Jérôme Lieutier. Cela contribuera à rassurer le recruteur qui ne pensera pas que vous avez répondu en un clic sur Internet à une annonce, sans en regarder réellement la localisation”. Augustin Michon vient quant à lui ajouter une exception : “Un recruteur regardera peut-être plus votre adresse si vous postulez à des fonctions commerciales, pour des histoires de réseaux”.
Si en règle générale les recruteurs conseillent d’avoir un emploi au préalable avant de changer de région, Stéphane Jobert précise : “Il vaut évidemment mieux avoir ‘jeter quelques filets à la mer’ avant de se lancer et la sagesse voudrait que l’on ne quitte pas sa région sans avoir un poste sur place, mais si c’est une profonde envie, alors il faut le faire. Une fois sur place, l’important est de pouvoir réseauter. Les recruteurs cherchent des compétences avant de savoir d’où vous venez”.
Lyon semble avoir beaucoup d’avantages en commun avec Paris, sans pour autant en avoir les inconvénients, notamment en termes de qualité de vie. Cela contribue à en faire une ville extrêmement attractive, particulièrement pour les cadres. En ce sens, le PDG de Kuribay HR Consulting ajoute donc qu’il n’a “jamais rencontré de grosses difficultés pour recruter”. Nul besoin de convaincre les cadres français de l’intérêt de la vie en Rhône-Alpes. Jérôme Lieutier ajoute : “De par son côté multisectoriel, Lyon a l’avantage d’être une petite France”.
Qualité de vie propice à une vie de famille, dynamisme économique fort, la ville des frères Lumière se positionne comme un compromis idéal pour beaucoup de cadres.
*Étude Apec intitulée “L’attractivité des régions françaises pour les jeunes cadres et les jeunes diplômés”, réalisée en septembre 2011.
**Source Insee, recensement de la population 2008.