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Maintien du prélèvement à la source : les étapes à ne pas manquer

Après une semaine de suspense, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé mardi 4 septembre le maintien de la réforme qui entrera bien en vigueur dès le 1er janvier 2019. Pour éviter toute déconvenue, voici quelques étapes à ne pas négliger.

 

C’est au 20 heures de TF1 qu’Édouard Philippe a fait l’annonce attendue de pied ferme par les 38 millions de contribuables. “Je peux vous garantir qu’à partir du 1er janvier de l’année prochaine l’impôt sur le revenu sera prélevé à la source, et cela constituera, pour le contribuable, une simplicité d’usage”, a-t-il déclaré. Cette confirmation vient mettre un terme à une semaine de suspense pendant laquelle Emmanuel Macron et son gouvernement ont fait le point sur les différents incidents techniques survenus pendant la phase de tests et pointés dans un rapport de la DGFiP (direction générale des finances). Il semblerait donc qu’aujourd’hui, rien ne puisse entraver la mise en œuvre de cette réforme qui a été amorcée sous le quinquennat de François Hollande. Mais pour éviter de mauvaises surprises en regardant votre fiche de paye en janvier prochain, voici quelques points sur lesquels il faut être vigilant.

 

1- Choisissez le bon taux

Avant toute chose, il faut que vous sachiez quel sera le taux d’imposition qui va être appliqué sur votre salaire net imposable à partir du 1er janvier 2019. Lors de votre déclaration effectuée au printemps dernier, à partir de vos revenus de l’année 2017, l’administration fiscale vous a communiqué un taux de prélèvement. Si vous êtes en couple (marié ou pacsé), le taux défini par défaut est celui du foyer. Mais vous pouvez aussi opter pour le taux individualisé. Dernière solution, le taux neutre, similaire au taux applicable à un célibataire sans enfant appliqué à votre rémunération. Vous avez jusqu’au 15 septembre prochain pour arrêter votre décision en vous rendant sur votre espace personnel impots.gouv.fr.

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2- Attention à vos crédits d’impôt

Si la mise en place du prélèvement à la source doit permettre de simplifier la collecte de l’impôt, il y a quelques points sur lesquels il faut porter une certaine attention. Notamment si vous bénéficiez d’un crédit d’impôt (service à la personne, garde d’enfant…). Car le taux communiqué par l’administration fiscale et appliqué par votre employeur, la caisse de retraite, Pôle emploi ou l’Assurance maladie ne prendra pas en compte ces éventuels avantages. Pour compenser, le gouvernement avait au départ prévu de verser, dès le premier semestre 2019, un acompte correspondant à 30 % de la somme totale due au titre du crédit. Mais après avoir remis en cause la réforme fiscale, il a décidé d’effectuer quelques modifications afin de la déployer sans que le contribuable ne soit pénalisé. Ainsi, Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics, a assuré mercredi 5 septembre qu’il “n’y aura aucun perdant en trésorerie de la réforme de l’impôt à la source […] Le 15 janvier de l’année prochaine, tous les Français qui ont des crédits ou des réductions d’impôt se verront avancer sur leur compte en banque, versés par les Finances publiques, 60 % de ces crédits et réductions d’impôt.” Soit le double prévu lors du projet initial. Les 40 % restant dus seront versés aux contribuables à la fin de l’été 2019 une fois la déclaration sur le revenu effectuée au printemps prochain. Par ailleurs, le gouvernement a décidé d’élargir ce dispositif aux réductions d’impôt liées à l’investissement locatif (Pinel, Duflot, Scellier, investissement social, logement dans les Dom….) et aux réductions et crédits d’impôt effectués dans le cadre de dons aux œuvres, des personnes en difficulté et des cotisations syndicales. Au total, 5 millions de contribuables seraient concernés, alors vérifiez bien si vous devez en bénéficier !

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3- Quid de l’imposition pour l’année 2018 ?

Depuis que cette réforme est évoquée, le mythe d’une année blanche plane sur les contribuables. Dans les faits, il y aura bien une année au titre de laquelle vous n’allez pas verser d’impôts sur vos revenus mais gardez bien en tête qu’il n’y aura aucune interruption de paiement. Concrètement, en 2018 vous avez été prélevé sur vos revenus de 2017 tandis qu’en 2019 vous le serez sur vos revenus de l’année en cours. S’il n’y aura pas de double prélèvement l’année prochaine, le taux calculé sera bel et bien basé sur les revenus perçus en 2017 et déclarés en 2018 (il sera mis à jour à l’été 2019, en fonction de la déclaration effectuée au printemps, sur les revenus 2018). En effet, comme le précise le gouvernement sur le site dédié au prélèvement à la source “en 2019, l’impôt dû au titre de vos revenus courants perçus en 2018 et dans le champ de la réforme sera annulé au moyen d’un crédit d’impôt spécifique (Crédit d’impôt modernisation du recouvrement)”. Ce dernier sera directement calculé lors de votre déclaration de revenus que vous effectuerez au printemps prochain. Soyez tout de même vigilant car cette exonération ne sera pas appliquée pour les revenus exceptionnels touchés en 2018 et qui seront imposés en 2019. Sont notamment concernés les indemnités supralégales de rupture du contrat de travail, les plus-values mobilières et immobilières, les intérêts, les dividendes ou encore les sommes perçues au titre de la participation ou de l’intéressement (non affectées à la réalisation de plans d’épargne entreprise ou retirées d’un plan d’épargne en dehors des cas légaux de déblocage des sommes).

À noter :

Dès le mois d’octobre, certains employeurs afficheront l’impact du prélèvement à la source sur la fiche de paie afin de sensibiliser les salariés. Cela reste toutefois facultatif. Alors pour vous aider, le site impots.gouv.fr a mis en ligne un simulateur où il suffit simplement de rentrer votre salaire net imposable et votre taux d’imposition pour connaître le montant qui sera déduit de votre rémunération dès le 1er janvier 2019 .

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