Quel futur pour le management de transition ? C’est la question que s’est posée Adequancy, plate-forme de mise en relation entre entreprises et managers indépendants. Dans une enquête sur les attentes des dirigeants sur le management de transition, l’entreprise prédit à cette activité une “croissance inéluctable”, notamment due à la crise du Covid-19, qui accélère son usage depuis 9 mois.
“Dans un monde incertain ayant pour impératif de s’adapter en permanence et de se réinventer, les entreprises voient désormais le management de transition comme un levier de performance supplémentaire et une garantie d’agilité” : tel est le constat d’Adequancy dans son “livre blanc” sur le management de transition.
Cette étude a été réalisée entre avril et septembre 2020 auprès de 247 dirigeants, et publiée le 14 décembre. Elle se penche sur l’usage et les “nouvelles attentes” des entreprises vis-à-vis du management de transition, ainsi que sur l’impact de la crise du Covid-19 dans ce contexte.
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Une solution managériale “au cœur” de la transformation des entreprises
Premier enseignement : le management de transition est “de plus en plus au cœur” de la transformation des entreprises. Ainsi, selon l’enquête d’Adequancy, 47 % des entreprises ont aujourd’hui recours à cette solution pour faire évoluer leur organisation, et 40 % pour “accompagner le changement”.
“Si la principale raison (61 %) de recours à cette solution managériale transitoire reste le remplacement temporaire de cadres dirigeants pour répondre à un besoin urgent, force est de constater que les missions de transition se diversifient et qu’elles traduisent de nouvelles attentes des entreprises”, observe Anthony Baron, co-fondateur d’Adequancy.
Ce “changement de paradigme” s’expliquerait par le phénomène de “freelancialisation”, qui “touche l’ensemble des fonctions” dans les organisations, ainsi que par l’important développement, ces dernières années, de plateformes digitales spécialisées dans l’intermédiation entre besoins clients et managers indépendants.
Une diversité de missions, au-delà de de l’urgence
L’enquête d’Adequancy fait également ressortir que le recours au management de transition est “traditionnellement dédié à la gestion de l’urgence et de la transition”, mais que les missions ont évolué et vont désormais au-delà. Ainsi, celles-ci passent de plus en plus de la gestion des crises à “l’accompagnement à la transformation”.
“Hier urgentiste de l’entreprise confrontée à une situation de crise voire cost-killer, le manager de transition est aujourd’hui, et de plus en plus, un partenaire de sa croissance. Il se concentre sur ses objectifs et mobilise les équipes pour obtenir une performance rapide. Il apporte une valeur ajoutée autant humaine que financière, commerciale, technique et logistique, voire sociétale et environnementale. De plus en plus à l’avenir, il est appelé à devenir le garant de la transformation de l’entreprise”, peut-on lire dans le livre blanc.
À noter que cette activité s’étend désormais à toutes les directions de l’entreprise. Ainsi, les missions des managers de transition concernent aussi bien la direction financière (34 %), la direction de projets (29 %), que la direction des systèmes d’information (25 %), la direction générale (18 %), que la direction RH (18 %).
Enfin, 80 % des dirigeants estiment que la proportion de managers de transition et d’indépendants dans les entreprises devrait croître de 15 à 25 % d’ici 2025.
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Le Covid-19, un “accélérateur”
L’étude permet de constater que la crise du Covid-19 joue, depuis 9 mois, le rôle d’“accélérateur du recours” au management de transition.
“Activité en forte croissance et en constante évolution, elle a marqué le pas cette année du fait de la pandémie. Le rôle du manager de transition est notamment de conduire le changement organisationnel et d’organiser en profondeur la structure et le mode opératoire de l’entreprise. Cet accompagnement à la transformation devient la voie nécessaire pour optimiser performance et rentabilité, si ce n’est pour assurer la pérennité de l’entreprise. Cela est particulièrement vrai en cette période”, remarque Anthony Baron.
Selon le livre blanc, les chefs d’entreprise pensent que le management de transition devrait évoluer d’une façon “inéluctable” après la crise. D’abord en raison d’une “conjoncture difficile” (PSE, restructurations, turn-over des dirigeants) et d’une période complexe qui “pousse les organisations à repenser leurs modèles” et à être plus “agiles”. Ensuite, parce que la crise crée un besoin “d’accélérer les transformations”, de “rationaliser des coûts” et d’avoir des “visions neuves”.
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“Les entreprises doivent encore s’organiser”
Dans son enquête, la plateforme de mise en relation entre dirigeants et managers indépendants constate que “bien que conscientes des enjeux et des changements à opérer, 78 % des entreprises n’ont toujours pas mené de réflexion interne” à ce sujet. Ainsi, estime Anthony Baron, “elles doivent encore s’organiser et faire des efforts pour intégrer le management de transition dans leurs processus de gestion des talents”.
Selon l’étude, les entreprises “s’entendent majoritairement pour estimer que le management de transition est amené à fortement évoluer”. Elles indiquent avoir besoin pour cela de “changer de culture“ (65 %), de se doter d’outil de veille sur la disponibilité des talents (51 %), “d’optimiser leurs processus de recrutement et des achats” (43 %), et “d’avoir des outils technologiques ainsi que des équipes dédiées à la gestion des indépendants” (25 %).