Ils sont nombreux à envisager de changer de métier. Quels sont les points auxquels il faut particulièrement faire attention ? Les recommandations de Nicolas Dugay, spécialiste en conseil et formation, et lui-même reconverti.
“Depuis quatre ans et demi, je suis dans le conseil et la formation en performance commerciale et management.” Nicolas Dugay, directeur associé du cabinet CAA, fait partie de ces cadres qui ont quitté leur entreprise pour changer de métier. Après quatorze années passées dans une filiale de BNP Paribas en France, il est parti durant près de cinq ans en Belgique en tant que directeur du réseau. De retour dans l’Hexagone, il devient directeur commercial.
Mais au bout d’un an et demi, Nicolas Dugay se rend compte qu’il lui manque quelque chose… Il prend alors la décision de quitter l’entreprise et de reprendre ses études, à mi-temps. Il en profite aussi pour écrire des ouvrages sur les techniques d’argumentation des hommes politiques, le stress, la motivation des équipes, etc. “J’ai la chance extraordinaire de dormir très peu. J’écris tôt le matin, ce qui me permet de respecter ma vie de famille, un certain équilibre.” Car pour lui, le premier conseil à appliquer avant de se lancer dans un projet de changement de carrière est de s’assurer de l’acceptation de ses proches. “On change ses habitudes, mais aussi celles de sa famille.” Ce qui inclut bien entendu de bénéficier d’une certaine visibilité financière.
Projection à trois ans
Par ailleurs, le directeur associé recommande de visualiser concrètement ce que l’on veut à trois ans avant de se décider, en commençant par les objectifs personnels, car “il n’y a rien de plus puissant et de plus important”. Les objectifs professionnels viennent ensuite. Puis, il faut répéter l’exercice en se visualisant à un an et à trois mois. Cela fait, reste à se poser les bonnes questions : “Quelles sont les choses que je dois surveiller et celles que je dois mettre en œuvre pour que ça marche ?”
Parmi les outils auxquels il est possible d’avoir recours figure le bilan de compétences, “un bon outil” selon Nicolas Dugay. Mais qui n’apporte pas un projet : “Il permet de piloter, de connaître ses forces d’hier. C’est la photographie à un instant T de ce que je sais faire.” Le directeur associé estime d’ailleurs que les déceptions suite à l’emploi de cet outil sont souvent dues au fait que, “la plupart du temps, il est utilisé en situation d’échec. Il n’est pas là pour régler l’avenir, c’est une photo du passé”. À partir de ce bilan, et en cohérence avec votre projet, vous allez donc pouvoir déterminer ce que vous devez faire pour atteindre votre objectif, et de quelle manière.