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Menacés ou non dans leur emploi, les cadres se préparent à bouger

Même si elles sont moins confiantes dans l’avenir, 41 % des entreprises de plus de 100 salariés continueront de recruter des cadres en 2021, selon le dernier baromètre de l’Apec. De leur côté, ces derniers sont de plus en plus inquiets pour leur emploi. Mais qu’ils se sentent menacés ou non,  ils sont nombreux à se préparer à une éventuelle recherche d’emploi.

Les 10 % d’entreprises qui avaient l’intention de recruter des cadres en septembre 2020 l’ont fait. Dans le même temps, les offres d’emploi se redressent, après une forte chute (- 50 % par rapport à la même période en 2019) au printemps dernier. En un an, l’Apec en a compté 29 % de moins sur son site. “Mais les recrutements reprennent”, constatait Gilles Gateau, directeur général de l’association, le 2 février, lors de la présentation de son enquête sur “les enjeux de l’emploi cadre” en 2021.

L’année qui débute devrait être marquée, selon l’Apec, par le “devenir incertain” des emplois cadres. Mais aussi par une accélération des mobilités.

 

Prévisions de recrutements : “Ni rebond, ni plongeon”

Selon l’Apec, qui a analysé les intentions de recrutements des entreprises, “leur confiance a reculé”. Elle est passée de 59 % à 54 % entre septembre et décembre 2020. “Mais ce sont surtout les TPE, plus fragiles face à la crise du Covid-19, qui sont le plus inquiètes”, nuance Gilles Gateau.

11 % des entreprises prévoient de recruter “au moins un” cadre, d’ici à avril 2021. Contre 10 % en septembre 2020. Fin 2019, 60 % des entreprises de plus de 100 salariés prévoyaient de recruter au moins 1 cadre au premier trimestre 2020 ; contre 41 % cette année.“Il s’agit d’une bonne nouvelle : il n’y a ni rebond, ni plongeon. Les recrutements restent stables. Malgré la perspective d’un reconfinement et les incertitudes”, décrit Gilles Gateau.

 

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L’industrie supplante les services

Concernant les secteurs les plus recruteurs, on retrouve les services à “forte valeur ajoutée” (finances / assurances, informatique / ingénierie), “traditionnels pourvoyeurs d’emplois”. 15 % des entreprises de ce secteur prévoient d’embaucher d’ici avril 2021, contre 17 % en septembre dernier.

La surprise de ce début d’année vient de l’industrie. Alors que l’on pouvait croire que ce secteur continuerait de geler ses recrutements, il supplante le tertiaire, qui baisse de 2 points.  Ainsi, la proportion de ses entreprises qui prévoient d’embaucher du personnel d’encadrement a doublé, passant de 8 à 16 %. Comment l’expliquer ? “Il s’agit sans doute des effets du soutien de l’État, ainsi que du dynamisme de l’industrie pharmaceutique”, propose Gilles Gateau.

Côté fonctions cadres, pas de changements par rapport aux tendances de fin 2020. Les profils les plus recherchés par les entreprises demeurent les cadres informaticiens, les cadres commerciaux et les cadres en études-R&D. Les ingénieurs en production industrielle seront aussi très demandés.

À noter que les offres d’emploi cadres sont en baisse pour les jeunes. “Traditionnellement, elles suivent de près celles des cadres en général, mais l’écart se creuse depuis novembre”, note l’Apec.

 

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Une inquiétude qui grandit

Les 4 millions de cadres en poste dans le privé ont fait part à l’Apec de leur angoisse vis-à-vis de leur emploi. “Leur inquiétude grandit, surtout chez les jeunes et les seniors”, indique Gilles Gateau.

La part de ceux (24 %) qui se sentent “menacés par un risque de licenciement” a augmenté de 5 points en 3 mois. Elle est plus importante chez les moins de 35 ans, passant de 16 % à 28 %. Ainsi que chez les seniors (25 % contre 19 %).

Gilles Gateau constate en outre que la possibilité de voir des destructions nettes d’emplois cadres est de plus en plus probable. “Cela n’est pas arrivé depuis 1993. Mais il est possible que les destructions finissent par l’emporter sur les créations, en raison des effets des PSE, qui vont aussi concerner les cadres et les ingénieurs en 2021”, indique-t-il.

 

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Une persistance des tensions dans le recrutement

“Des difficultés de recrutement perdurent, en raison de la pénurie persistante de certains profils, et de la difficulté des entreprises à identifier les bons candidats. La crise n’a rien changé à ce problème”, explique Gilles Gateau.

Deux entreprises sur trois (66 %) avec l’intention de recruter un cadre début 2021 pensent qu’elles rencontreront des difficultés à recruter. “Mais elles n’y renonceront pas”, précise Gilles Gateau.

 

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Une accélération des transitions professionnelles ?

“Menacés ou non, les cadres se préparent à une éventuelle recherche d’emploi”, constate également l’Apec. “La crise semble avoir un effet d’accélération dans les transitions professionnelles. Sans surprise, les démarches préparatoires à la mobilité (mise à jour du CV, activation du réseau) sont plus importantes chez les cadres qui se sentent menacés (65 %). Mais la proportion de ceux qui ne craignent pas de perdre leur poste (37 %, contre 26 % en septembre) n’est pas du tout négligeable”, souligne Gilles Gateau.

À noter, enfin, que le fait de changer d’entreprise dans la période actuelle constituerait “un risque” que 57 % des cadres en emploi “‘ne sont pas prêts à courir”. Les chiffres plus importants chez les seniors (66 %) que chez les moins de 35 ans (48 %).

La mobilité devrait aussi être géographique. Suite à la crise, 30 % des cadres “expriment le souhait de changer de région”, remarque l’Apec. Surtout les franciliens (43 %) et les moins de 35 ans (42 %).

 

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