À l’occasion de sa 6e édition, la Journée de la Femme Digitale dévoile les résultats de l’étude « Elles changent le monde ». La plupart des femmes interviewées envisagent de se lancer dans l’entrepreneuriat.
Aujourd’hui, a lieu la Journée de la femme digitale à la Maison de la Radio. En partenariat avec Capgemini Consulting et La French Tech, l’organisation y a dévoilé ce matin une étude sur les femmes entrepreneures et intrapreneures (1 100 au total). Parmi les répondantes, 82% des entrepreneures n’ont pas suivi de formation spécifique (coaching, e-learning, études supérieures…). Les solutions ? Se former sur le tas comme Alix de Sagazan, cofondatrice de AB Tasty : “Tu te retrouves manager du jour au lendemain… Donc j’ai très vite pris un coach qui nous accompagnait avec mon associé sur toute la partie management, puis un deuxième coach sur le management, toujours, et la partie stratégique”. Ou s’associer avec une personne aux compétences complémentaires. “Il s’agit de trouver les bonnes compétences pour s’entourer, entreprendre seule c’est complexe. S’il y avait quelque chose à faire différemment pour Habiteo, je prendrais un associé véritablement opérationnel qui emmène le projet tout autant que moi, pour avoir un miroir constant et confronter chaque étape de la construction. J’ai dû compenser mes faiblesses à travers mes équipes car c’est la mixité qui est intéressante”, analyse Jeanne Massa, CEO et cofondatrice d’Habiteo. Quant aux femmes salariées, elles seraient 92 % à être intéressées par des formations et 88 % par des coaching sur l’entrepreneuriat, or 66 % notent que ces accompagnements ne sont pas proposés par leur entreprise.
Créer son entreprise
Qu’elles soient intrapreneures ou pas au sein de leur entreprise, une majorité de femmes salariées souhaiteraient créer leur entreprise à moyen ou long terme (à plus de 3 ou 5 ans) : 68 % pour les premières, 59 % pour les secondes. Pour 68 % d’entre elles, c’est la volonté d’indépendance qui prime, l’envie de donner un sens à leur vie (64 %) et le goût d’entreprendre (60 %). Et pour financer cette création d’entreprise, elles ne privilégient pas forcément la levée de fonds (pour 67 %) mais plutôt des apports personnels (75 %) ou le prêt bancaire (13 %). Comme en témoigne une répondante : “On s’attend toujours à ce qu’une femme soit moins à l’aise sur les chiffres, sur la rentabilité donc je prends soin de montrer que mon projet est solide sur ces dimensions”. “Il y a un moment où j’ai compris que, surtout en tant que femme, il faut investir ce sujet parce que c’est le nerf de la guerre”, renchérit Camille Kiejman, DEO et fondatrice de Zogma.
Des préjugés encore présents
Être un homme ou une femme pour entreprendre un projet ou créer son entreprise n’est plus un sujet pour près de 80 % des femmes interrogées. Mais, les préjugés ont encore la vie dure. Parmi les 20 % qui pensent qu’être une femme est un handicap pour entreprendre, 80 % jugent qu’elles sont victimes de préjugés, 25 % que les femmes prennent moins de risques et 31% veulent préserver leur vie de famille. La preuve : “J’ai une amie qui, en ce moment, lève des fonds, son conjoint également. Ils sont chacun entrepreneur avec un associé : un couple de filles, un couple de garçons. Ils vont voir les mêmes investisseurs. Dans un cas, on leur dit, ‘mais comment allez-vous faire pour le développement international avec vos enfants ?’. Pour le couple de garçons, on ne voit aucun problème avec le fait qu’ils développent l’international en ayant des enfants. Ce sont les mêmes personnes avec les mêmes enfants”, raconte Camille Kiejman, CEO et fondatrice de Zogma.
“J’ai toujours été une entrepreneure point. Femme ou pas, il n’y a pas de différence pour moi. Je pense justement que se considérer comme différente et femme est un problème. Cela induit l’idée que l’entrepreneuriat féminin est différent”, Joséphine Goube, fondatrice de Techfugees.