Malakoff Médéric vient de dévoiler, ce jeudi 20 septembre, la dixième édition de son baromètre santé et qualité de vie au travail. Si les résultats montrent une nette amélioration de la QVT en général, certaines zones de risques persistent d’après les salariés interrogés. Notamment la difficulté d’allier vie privée et vie professionnelle. Explications.
Des salariés plus soucieux de leur santé et qui jugent leur travail moins éprouvant. C’est l’un des principaux enseignements du dixième baromètre* consacré à la santé et la qualité de vie au travail (QVT) et publié par le Comptoir MM de la nouvelle entreprise**. Ainsi, 74 % des salariés évaluent positivement leur QVT. “35 % accordent une note entre 8 et 10 (la meilleure note, ndlr.), c’est le segment qui a le plus progressé”, insiste Anne-Sophie Godon, directrice innovation et veille chez Malakoff Médéric. 60 % des salariés qui travaillaient il y a dix ans estiment par ailleurs que leur qualité de vie au travail s’est améliorée. Dans le détail, 48 % des collaborateurs considèrent que leur travail est physiquement fatigant. Un chiffre élevé mais en nette diminution sur les dix dernières années (-6 points depuis 2009). Ils ne sont plus que 32 % à déclarer effectuer des gestes répétitifs à leur poste (contre 39 % il y a dix ans), 29 % à rester longtemps debout (vs 34 %) et 15 % à porter des charges lourdes (vs 20 %).
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Ambiance et rémunération globale
Parmi les points importants qui impactent la qualité de vie au travail selon les salariés, l’ambiance et les relations avec les collègues arrivent en tête (49 %). Viennent ensuite la rémunération globale (40 %) et la reconnaissance au travail (38 %). Du côté des dirigeants, les relations avec le supérieur hiérarchique direct est le point situé en premier pour la moitié d’entre eux. Autre enseignement de l’étude : les salariés se montrent en grande majorité confiants (73 %) concernant leur situation professionnelle dans les trois prochaines années. Face aux nouvelles technologies, plus de 7 salariés sur 10 estiment qu’elles impacteront leur travail et 69 % pensent que ces changements seront bénéfiques. “Cela montre qu’ils n’ont pas peur du changement. Ils comprennent que c’est nécessaire mais demandent, en revanche, à être accompagnés dans ce processus”, insiste Anne-Sophie Godon.
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Difficile équilibre vie pro / vie perso
En revanche, malgré les résultats positifs au global, un certain nombre de zones de risques persistent. Par exemple, la difficulté à concilier vie privée et vie professionnelle explose. Alors qu’en 2009, 27 % des salariés estimaient compliqué de jongler entre leurs obligations professionnelles et personnelles, ils sont 35 % en 2018. Pour améliorer la situation, 46 % des répondants soulignent le besoin d’horaires de travail plus souples (possibilité de commencer plus tard, de finir plus tôt, de s’absenter une journée quand c’est nécessaire). Ils sont 28 % à réclamer une diminution du temps de travail et 24 % souhaitent avoir la possibilité de travailler à distance. “Un chiffre qui grimpe à 40 % en Île-de-France, insiste Anne-Sophie Godon. Dans le détail : les jeunes parents et les aidants familiaux (personnes s’occupant d’un parent proche en difficulté) sont les profils qui déclarent avoir le plus de mal à concilier vie professionnelle et personnelle.”
Manque de reconnaissance et d’autonomie
Autre constat : si la fatigue physique a diminué, la fatigue psychologique, quant à elle, continue de se maintenir à un très haut niveau. Ainsi, 68 % des salariés affirment avoir un travail nerveusement fatigant. “Certes, si une diminution de 4 points est constatée par rapport à 2009, cela reste très élevé”, reconnaît Anne-Sophie Godon. Parmi les problèmes soulevés figurent les difficultés à gérer les priorités pour 40 % des répondants et l’impression d’avoir un travail haché pour 29 % des salariés. Le manque de reconnaissance et d’autonomie font également partie des principaux griefs pointés par respectivement 58 % et 76 % des collaborateurs. “Si le manque de reconnaissance n’a ni progressé ni diminué, son niveau reste faible, constate Anne-Sophie Godon. Cela reste pourtant un moteur pour les salariés, comme la confiance. La perte d’autonomie est aussi un sujet très important et qui pèse beaucoup sur le fait d’avoir un travail fatigant psychologiquement.”
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De moins en moins d’engagement
Dans ce contexte, pas étonnant que l’engagement au travail des collaborateurs s’érode d’année en année. Alors que 36 % des salariés se disaient engagés en 2009, ils ne sont plus que 29 % aujourd’hui. “C’est l’indicateur qui a le plus bougé sur la période et qui est confirmé par d’autres études”, affirme Anne-Sophie Godon. Signe de ce désengagement de la part des salariés, ils sont aujourd’hui 29 % (vs 18 % en 2009) à déclarer vouloir poser un arrêt de travail alors qu’ils ne sont pas malades et seulement 23 % (vs 29 % en 2009) à affirmer chercher à systématiquement améliorer leur façon de travailler. “C’est une dégradation violente et régulière qui a un impact sur la qualité de ce qui est produit par les équipes et donc sur la performance de l’entreprise”, déplore Anne-Sophie Godon.
À noter :
* Enquête réalisée entre avril et mai 2018 auprès de 3 500 salariés et 500 dirigeants du secteur privé.
** Entité créée par Malakoff Médéric chargée d’accompagner la protection et le développement du capital humain des entreprises