Deux semaines après la seconde généralisation du télétravail suite au reconfinement, le ministère du Travail a dévoilé les résultats d’une étude, selon laquelle 45 % des salariés du privé travaillent à distance actuellement. Pour Elisabeth Borne, le recours à ce mode de travail peut être encore plus important.
Avec le reconfinement, “le télétravail n’est pas une option”, annonçait Elisabeth Borne, fin octobre, lors de l’annonce du reconfinement. La ministre du Travail appelait alors les entreprises à avoir recours au travail à distance au maximum. Celles ne pouvant pas le faire devant respecter un nouveau protocole sanitaire.
Bien que le télétravail ne soit pas réellement obligatoire, Elisabeth Borne a, à plusieurs reprises, affirmé que le travail à distance “5 jours sur 5” était “la règle” et que des sanctions pourraient être prises contre les organisations récalcitrantes. Depuis lundi 9 novembre, les agents de l’inspection du Travail effectuent ainsi des contrôles “pour s’assurer que les entreprises aient bien intégré le risque de contamination au Covid-19 dans leur évaluation des risques professionnels et pris les mesures de prévention en conséquence”, selon le ministère du Travail.
Concrètement, ces contrôles pourraient déboucher sur “des sanctions proportionnées”, allant de la “lettre d’observations” au rapport à la Direccte (direction des entreprises), jusqu’à la mise en demeure puis au référé en justice. Mais en l’absence d’une nouvelle loi votée au Parlement, c’est uniquement en jouant sur l’obligation de sécurité de l’employeur que le gouvernement entend imposer indirectement le “full remote”.
LIRE AUSSI : Contrôle du télétravail à 100 % : l’inspection du travail s’apprête à sévir
45 % des salariés privés télétravaillent
Lors de la conférence de presse du gouvernement, ce jeudi 12 novembre, Jean Castex a annoncé que l’épidémie restait vivace, mais que l’on pouvait observer, depuis début novembre, “une réduction très forte” des déplacements entre le domicile et le travail (22% de moins par rapport à septembre 2020). Le ministère du Travail a ensuite dévoilé les résultats d’une enquête commandée à Harris Interactive, indiquant que 45 % des salariés privés télétravaillent actuellement, pour une durée moyenne de 3,7 jours par semaine. 70 % le font en outre “au moins partiellement”.
“L’idée que les employeurs ne joueraient pas le jeu est donc fausse. Parmi les salariés interrogés et qui étaient présents à 100 % dans leur entreprise la semaine dernière, seuls 15 % disent que c’est faute d’accord de leur employeur pour télétravailler. Dans le même temps, 27 % des salariés en télétravail estiment que leur employeur leur a demandé de revenir sur le lieu de travail pour des tâches dont ils estiment qu’elles pourraient être faites à distance. On a donc une marge de progrès sur ces salariés”, expliquait Elisabeth Borne dans une interview au Parisien, le 10 novembre.
LIRE AUSSI : Reconfinement : Pourquoi le télétravail n’est pas réellement obligatoire
“Une majorité de ceux qui peuvent télétravailler l’ont fait, davantage que la semaine précédente. Mais il y a encore des marges de progrès pour plus de télétravail. J’appelle tous les employeurs et les salariés à poursuivre leurs efforts. Chaque jour, chaque heure télétravaillée compte”, a précisé la ministre ce jeudi 12 novembre.
Elisabeth Borne constate notamment, en se basant sur l’étude d’Harris Interactive, que le télétravail 5 jours sur 5 “représente un véritable effort pour les salariés qui souffrent parfois d’isolement”. Ainsi, “quatre salariés sur 10 qui ont télétravaillé la semaine dernière disent se sentir isolés”, précise la ministre. Et de rappeler que dans ce contexte, une ligne d’écoute et de soutien psychologique a été ouverte par le gouvernement “pour venir en aide” aux salariés se sentant seuls : le 0 800 13 00 00.