Management

Retour au bureau : réaffirmez votre légitimité de manager en 4 étapes

Comment réaffirmer votre légitimité de manager au moment du retour au bureau, parfois face à des salariés que vous n’avez pas revus depuis un an, et dont l’état d’esprit sera peut-être différent ? Les conseils de Frédéric Rey-Millet, fondateur d’Ethikonsulting et de Philippe Villemus, enseignant-chercheur en leadership à Montpellier Business School, pour réaffirmer votre leadership.

Demain, comment les managers pourront-ils réaffirmer leur légitimité et leur leadership ? Notamment face à des salariés qu’ils n’auront pas “vu” en chair et en os depuis de longs mois ?

“Après avoir goûté à davantage d’autonomie, mais aussi à une certaine solitude, les salariés auront une vraie appétence pour un travail plus collectif et des relations sociales. Et aussi un besoin de reconnaissance et de bienveillance très puissant”, observe Philippe Villemus, enseignant-chercheur en leadership à Montpellier Business School.

 

1/ La légitimé par l’écoute, le dialogue et les émotions

Traditionnellement, un manager est légitime de par sa fonction / son statut, de par ses compétences professionnelles, et de par ses qualités personnelles (soft skills). “Mais après un an de crise et de travail à distance, la fonction et l’expertise passeront au second plan, après le relationnel. L’essentiel, ce sera la capacité du chef d’équipe à écouter ses collaborateurs, afin de (re)créer avec chacun une relation de confiance”, note Philippe Villemus.

Faire preuve d’écoute, se préoccuper des équipes, expliquer les décisions à venir, et favoriser le dialogue : telles devraient être les priorités des managers au moment du retour au bureau de tous les salariés. “Les managers ne peuvent plus faire l’économie de la relation, comme ils le faisaient parfois”, estime de son côté Frédéric Rey-Millet, fondateur d’Ethikonsulting, cabinet de conseil en innovation managériale. Il insiste notamment sur l’importance de générer des “conversations cruciales”. Autrement dit, d’aborder des sujets “que l’on n’aborderait pas habituellement en réunion, y compris en visio”.

D’abord, des sujets “qui donnent la banane, qui créent une énergie positive” : les fiertés.

“Pendant un an, les collaborateurs ont vécu des choses incroyables. Après ce marathon parfois pénible, il faut se poser la question de ce dont ils sont fiers, et de ce qui les rend enthousiastes. Peu importe que les fiertés soient personnelles ou professionnelles. Il s’agit de parler d’autre chose que de ce qui est abordé pendant les visios depuis un an (le point sur les projets et sur la répartition des tâches) : pourquoi voudrait-on revenir en présentiel, si l’on parlait des mêmes choses qu’avant ?”, explique Frédéric Rey-Millet.

Pour le spécialiste en management, il s’agit principalement de “prendre soin des autres”, en leur posant des questions “qui leur permettront de partager des émotions.” Car, note-t-il, “affirmer son leadership, c’est faire en sorte que tous puissent s’exprimer sur ce qu’ils ressentent, leur poser des questions et les écouter”. D’abord, les fiertés. Ensuite, les peurs.

“Les salariés doivent aussi pouvoir parler de ce qui les inquiètent, de ce qui les frustrent, ou les découragent. Il faut accepter de les écouter. Sans forcément avoir la réponse : pas question de chercher à passer pour un manager qui sait tout. Sans quoi vous prendriez vos collaborateurs pour des enfants. Ce qui saperait votre légitimité”, indique Frédéric Rey-Millet. “Les collaborateurs diront ce qu’ils voudront, mais l’important, c’est de leur permettre de partager leurs émotions”, ajoute-t-il.

 

2/ La légitimité par la proximité et le lien

Pour rassurer les salariés, qui devraient rester nombreux à s’inquiéter de l’avenir, “il faudra aussi les consulter individuellement, en one-to-one, d’une façon régulière. Tous les 10 ou 15 jours, par exemple. Il ne suffit plus de dire ‘ma porte est ouverte’, mais d’aller à leurs devants, et de discuter avec eux, en tête à tête”, note Frédéric Rey-Millet. De tels rituels permettent, selon l’expert, de créer de la proximité, plutôt que de demeurer un manager lointain voire absent.

L’idée : réaffirmer sa légitimité en créant du lien, d’une façon proactive. “En débarquant régulièrement dans le bureau de son chef, le collaborateur a moins d’appréhensions et peut s’exprimer plus librement”.

 

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3/ La légitimité par l’empathie et le participatif

Après un an de crise et de travail à distance, attention à ne pas faire preuve d’autoritarisme. Certes, il faudra rappeler certaines règles et poser des limites. Mais sans faire preuve d’autorité gratuite.

“Les salariés ont besoin d’une confiance bienveillante. Isolés, fatigués, ils ont rejeté pendant cette année de crise le contrôle intrusif de certains managers, autoritaires et contrôlants. Et pour un manager, prendre des décisions sans concertations, d’une façon unilatérale, en faisant preuve de coercition, serait une grosse erreur, qui risquerait de lui faire perdre sa crédibilité auprès de ses équipes”, indique Philippe Villemus.

“Sans perdre de vue les objectifs à atteindre, l’enjeu sera de faire preuve d’empathie, mais aussi d’humilité, et de partager son pouvoir : fini, le leader contrôlant et expert, qui prétend tout savoir, place à l’intelligence collective ! Il faudra davantage faire participer les membres de son équipe aux décisions”, ajoute-t-il.

 

4/ La légitimité par la bonne humeur

Enfin, les salariés auront besoin de “retrouver le sens du collectif”, à travers une dynamique positive. Aux managers d’être “bienveillants” et au service de leurs collaborateurs, mais aussi de se poser en “rassembleurs”, en adoptant une attitude positive.

“Non seulement, il faudrait organiser une sorte de ‘célébration’ pour remettre l’équipe en route, mais aussi se montrer plus humble, modeste et optimiste. Les salariés ont besoin, encore plus qu’avant, de bonne humeur et de positif. Il faudra essayer d’inspirer du plaisir à être ensemble. En créant un climat de travail détendu, qui réduira le stress de chacun. Pour cela, les managers devront se montrer bienveillants, mais aussi de bonne humeur”, observe Philippe Villemus.

Les chefs d’équipes auront ainsi, lors du retour au bureau, un “devoir de bonne humeur”. Sans forcément se transformer en humoristes. “Un leader peut très bien ne pas être drôle, mais faire preuve de bonne humeur et de jovialité. Les rires, les sourires, la bonne ambiance, sont un bon moyen de communiquer, et permettent de lever bien des difficultés”, conclut-il.

 

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