Proche de l’intrapreneuriat, le side-project consiste à mener des projets créatifs en parallèle de son travail. Et les entreprises ont tout intérêt à laisser leurs employés le faire, voire à les y encourager, afin de booster leurs performances.
Comme son nom l’indique, le side-project est un projet mené à côté de son travail. “Tendance venant de la Silicon Valley, c’est souvent l’occasion de déconnecter de son cœur de métier et de faire un véritable pas de côté pour découvrir et explorer d’autres compétences”, déclare Arnaud Lacan, professeur de management et titulaire de la Chaire Agipi-Kedge.
Au sein de l’entreprise, cela peut s’apparenter à de l’intrapreneuriat, faisant appel à l’intelligence collective et à l’innovation. Le salarié se comporte alors comme un entrepreneur au sein-même de son entité. De plus en plus d’entreprises font preuve de souplesse pour laisser à leurs salariés la latitude nécessaire pour travailler sur ces side-project. “Cela passe par du temps, un tiers lieu et des outils mis à disposition.” Et le manager a tout intérêt à laisser son collaborateur travailler dessus sur son temps de travail. “Dans le cas contraire, le collaborateur échappera à l’entreprise et ira se développer à l’extérieur et acquérir des compétences en dehors de son métier.”
Google encourage ses employés à travailler sur des projets parallèles
Les employés de Google consacrent 20 % de leur temps de travail à un side-project, l’équivalent d’une journée par semaine. Ensuite, le lieu doit être dédié à cette démarche, co-working, incubateur… “C’est important de ne pas gérer ça depuis son poste de travail pour faciliter la créativité. Ce qui fait la richesse d’un side-project, c’est justement de rencontrer de nouvelles personnes, d’autres horizons pour découvrir de nouvelles compétences.”
Enfin, les outils peuvent être collaboratifs pour faciliter les échanges. “Souvent, ce sont des outils que l’entreprise utilise, il faut juste les envisager pour d’autres objectifs que les champs métier.” Alors que les salariés sont en quête de sens et de variété, encore plus quand il s’agit de travail, les entreprises ne doivent pas passer à côté des enjeux de ce genre de projets parallèles : “Celles qui sauront les accompagner performeront.” D’autant qu’elles ont tout à y gagner parce qu’elles se nourriront de ces side-project et en tirereront de la valeur ajoutée. À titre d’exemple, Gmail, Google Maps, Twitter ou Groupon ont été des side-project. Autre bénéfice non négligeable, la mobilisation des salariés et leur engagement.