Entreprise

Télétravail : faut-il adapter le Code du travail ?

Selon une enquête de l’ANDRH, 15 % des DRH indiquent rencontrer des difficultés dans la mise en œuvre de leurs accords télétravail. Dans cette optique, l’association demande aux pouvoirs publics d’adapter le Code du travail.

Des pénuries de main d’œuvre et des difficultés à pérenniser le modèle de travail hybrides : tels sont les constats de l’ANDRH qui vient de dévoiler son enquête de rentrée. Selon cette étude menée auprès de 359 DRH sur sur le contexte social et économique des entreprises, l’organisation du travail, la rémunération et l’actualité sociale, les professionnels RH “restent mobilisés” pour maintenir (37 %) voire augmenter (47 %) les effectifs dans les prochains mois, mais sont unanimes sur la difficulté majeure posée par une importante pénurie de main d’oeuvre. Notamment dans les secteurs de la santé, le numérique, l’agroalimentaire et l’industrie.

Pour attirer davantage de talents, près de la moitié des DRH sont prêts à faire évoluer la politique de rémunération dans les prochains mois. 46 % envisagent “des évolutions dans leur politique de rémunération individuelle et collective”. Mais si les hausses de salaires semblent inévitables sur les métiers pénuriques comme sur les bas ­revenus, “certaines entreprises fragilisées par la crise n’ont pas la trésorerie nécessaire pour répondre à cette attente”, indique toutefois Benoît Serre, vice-président de l’Andrh.

“Sur le partage de la valeur, les DRH recherchent d’autres leviers financiers pour ne pas être enfermés entre les augmentations collectives et individuelles. Il est nécessaire d’avoir une démarche coordonnée avec les pouvoirs publics afin d’augmenter le pouvoir d’achat des collaborateurs”, ajoute-t-il. Ainsi, l’association envisage comme solution des augmentations individuelles “en lien avec la performance”, et des accords d’intéressement. Alors que 71 % des DRH craignent que cette question des rémunérations ne perturbe le climat social dans les sociétés, l’Andrh appelle finalement à “une réflexion sur le partage de la valeur entre l’entreprise, l’actionnaire et les salariés”.

 

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Des collaborateurs “refusent encore de venir au bureau”

Reste le télétravail, généralisé depuis la crise : les DRH mettent depuis plusieurs mois en place un modèle “hybride”, et multiplient les accords d’entreprise (3 880 ont été négociés depuis 2020). Mais pour 15 % des responsables RH, la mise en œuvre de ces accords est difficile. Les points de discussion qui achoppent sont les postes éligibles, l’indemnisation financière et le nombre de jours télétravaillables. Selon l’ANDRH, des collaborateurs “refusent encore de venir au bureau”, et d’autres “souhaitent plus de jours de télétravail que ne le prévoit l’accord.”

L’association professionnelle, qui réaffirme “sa position sur le bon équilibre à trouver sur l’usage du télétravail, soit 2 jours de télétravail hebdomadaire maximum”, conclut son étude en avançant souhaiter une modification de la loi. Elle avance ainsi qu’un “point d’attention” doit être réalisé sur les demandes des salariés concernant le 100 % télétravail, “car cela pourrait ouvrir la porte à la délocalisation des emplois dans le cadre de la mondialisation des compétences”.

Pour l’ANDRH, la question de la comptabilisation du temps de travail risque aussi de se poser “pour ceux qui ne sont pas en forfait jours, ainsi que celle de la responsabilité de l’entreprise lorsque les gens demeurent connectés trop longtemps”. Pour toutes ces raisons, elle demande aux pouvoirs publics de réfléchir à un Code du travail “plus adapté aux nouvelles notions de responsabilité de l’employeur par rapport au lieu d’exercice du télétravail”.

 

 

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