Entreprise

Transformation digitale des entreprises: 55 % des salariés s’estiment mal accompagnés

Selon le baromètre Digital Workplace réalisé par l’Ifop pour le cabinet Julhiet Sterwen, les salariés des moyennes et grandes entreprises françaises ont le sentiment de vivre une “révolution digitale” positive. Mais ils sont une majorité à réclamer plus d’accompagnement. Dans le même temps,“un nouveau profil de manager émerge”.

Plus de la moitié des salariés français estiment ne pas être bien accompagnés en matière de numérique, selon le troisième baromètre Digital Workplace du cabinet de conseil Julhiet Sterwen. Cette étude réalisée par l’Ifop auprès de 1015 salariés et 305 managers, mesure la perception qu’ont les collaborateurs des entreprises de plus de 500 salariés de la transformation digitale.  Si globalement, celle-ci est vécue positivement (63 % des salariés ont la sensation de “vivre une révolution digitale”, dans le bon sens), “de nombreux points de vigilance apparaissent”, notamment en ce qui concerne le management et l’organisation du travail.

 

Manque d’accompagnement et résistance au changement

Parmi les principaux freins à la transformation numérique dans l’entreprise (pour les managers et les salariés) listés par l’étude, on retrouve les problèmes de qualité du réseau informatique (33 % pour tous, 36 % pour les managers), mais surtout un manque d’accompagnement (33 % pour tous, 34 % pour les managers) et une résistance au changement (29 % pour tous, 37 % pour les managers).

“Qu’il s’agisse de l’appropriation des outils ou de la conduite du changement en termes d’organisation, l’ensemble des équipes souhaiterait plus d’accompagnement. Ils sont même plus nombreux que l’année dernière (55 % en 2018, contre 47 % en 2017) à s’estimer mal accompagnés”, note le cabinet Julhiet Sterwen. Les attentes des collaborateurs en matière d’accompagnement portent sur “une plus grande proximité et une adéquation avec la réalité du terrain”.

“Il est urgent de repenser l’accompagnement au quotidien des salariés. Leurs besoins se précisent avec la nécessité de davantage de communication avec l’ensemble des collaborateurs, de formations et de tutoriels pour une meilleure maîtrise des outils. Ils souhaitent un accompagnement individualisé, qui part de leur niveau de compétences en intégrant leurs spécificités métier, le tout avec des modalités sur mesure et différenciantes”, constate Julien Lever, directeur général adjoint de Julhiet Sterwen. Car paradoxalement, quand le digital est censé rapprocher les équipes, 22 % des salariés trouvent que les liens avec leurs managers “s’atténuent” avec les outils numériques.

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Un manager chef d’orchestre

Selon l’étude, “un nouveau profil de manager émerge” toutefois : 75% des managers estiment que le numérique leur permet de rendre leurs collaborateurs plus autonomes, de les “responsabiliser davantage”, et de les superviser et animer autrement. En outre, 64 % d’entre eux pensent que le numérique les conduit à faire plus confiance à leurs collaborateurs, et 57 % pensent que le digital favorise une posture de “chef d’orchestre”, ou “coach d’équipe”.

“La dimension de manager coach commence à prendre de la substance. Il ne s’agit plus uniquement d’arbitrer et de piloter, mais d’adopter une posture plus centrée sur l’écoute, la montée en compétences et l’autonomisation des collaborateurs”, indique Julien Lever. Toutefois, du chemin reste encore à parcourir : en effet, selon le baromètre, les managers qui se pensent coach à l’ère du digital estiment en priorité (39 %) devoir diriger. Seuls 9 % estiment devoir accompagner, et 4 % “laisser la place aux échanges, et favoriser le participatif”.

 

Les “Millenials”, “catalyseurs” de la transformation digitale ?

“La transformation digitale est très exigeante et nécessite de la part du manager une nouvelle posture qui implique : d’être à l’aise dans une organisation horizontale versus verticale, de développer une posture de bienveillance, d’instaurer un climat de confiance permettant de mettre en place une culture de feedback qualitative et autorisant le droit à l’innovation”, ajoute Julhiet Sterwen. Le cabinet s’intéresse enfin aux “Millenials”, ces jeunes nés avec le numérique. “Jusqu’ici sous-exploités dans les organisations, ils pourraient se révéler être les catalyseurs de la transformation digitale. La question aujourd’hui n’est plus de savoir comment les manager, mais plutôt de savoir comment l’organisation doit changer sa culture pour les accueillir et tirer profit de manière durable de leur dynamisme et de leur engagement”, conclut Julien Lever.

À noter que selon l’étude, le télétravail, que favorise le numérique, n’est pratiqué que par 7 % des collaborateurs et 14 % des managers. Alors qu’une majorité d’entre eux souhaiterait exercer à distance, 61 % des salariés et 70 % des gestionnaires d’équipe travaillent dans des bureaux.

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