Entreprise

Un an de crise : Le télétravail plaît aux dirigeants, mais beaucoup moins aux managers

Le télétravail, qui se généralise depuis un an avec la crise du Covid-19, a convaincu les dirigeants, qui le plébiscitent aux deux tiers. Mais au bout d’un an d’épidémie, la moitié des managers n’y sont plus favorables. En cause, sa mise en place difficile, en mode dégradé, en mars 2020. Ils sont aussi nombreux à s’estimer insuffisamment formés.

En janvier, une étude de l’Apec nous a appris que 83 % des cadres souhaitent pouvoir continuer de télétravailler à l’avenir. Dont 70 % au moins un jour par semaine. Mais si les personnels d’encadrement semblent convaincus par ce type de travail imposé actuellement par le gouvernement, ce n’est pas le cas des managers. “Si cette envie est largement partagée par les cadres, ceux qui sont aussi managers sont moins nombreux (63 %) que les autres (77 %) à souhaiter télétravailler chaque semaine après la crise”, indiquait ainsi l’association.

Un constat que vient confirmer le Baromètre 2021 du Télétravail de Malakoff Humanis, publié mardi 9 février. Selon cette étude, 31 % des salariés sont actuellement en distanciel (à temps complet ou partiel). Si ce chiffre est proche de celui de l’avant-crise (seulement 1 point de plus qu’un an auparavant, quand la pandémie de Covid-19 ne s’était pas encore déclarée), en revanche, le télétravail est bien plus intensif (3,6 jours par semaine en moyenne, soit 2 de plus).

Cette organisation du travail est plébiscitée par les dirigeants, à hauteur de 67 %. Mais du côté des managers, ils ne sont que 50 % à y être favorable, alors qu’ils étaient 55 % début 2020, avant la pandémie.

 

LIRE AUSSITélétravail : 83 % des cadres veulent continuer après la crise du Covid-19

 

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Des managers “mobilisés, mais épuisés”

Un an après le début de la crise, les managers restent “mobilisés”,  mais se disent plus “épuisés” que les autres collaborateurs de leur entreprise. Qui eux sont globalement favorables au travail à distance. Ainsi, “86 % des télétravailleurs souhaitent continuer après la crise”, note Malakoff Humanis.

Pourquoi l’image du télétravail semble-t-elle autant avoir souffert auprès des managers ? Sa généralisation, chaotique et en mode dégradé, en mars 2020, y est pour beaucoup. Ainsi, 40 % d’entre eux estiment avoir “mal vécu” sa mise en place lors du premier confinement. Deux fois plus que l’année précédente, quand cela se passait dans des conditions normales.

À noter que 40 % des dirigeants, qui plébiscitent malgré tout le télétravail, indiquent avoir rencontré des difficultés à le mettre en place au printemps 2020.

Selon le baromètre de Malakoff Humanis, les principaux griefs des managers portent sur leur “incapacité à détecter” des collaborateurs en détresse, la “complexité à maintenir le lien” au sein de leur équipe, et la “diminution des échanges informels”. S’ils voient des bénéfices à sa généralisation, ils portent essentiellement sur la plus grande autonomie, la diminution des absences, et la meilleure satisfaction des salariés que le travail à distance procure collectivement.

 

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Seul un tiers des managers accompagnés

Le principal enjeu, pour les managers, sera selon eux leur formation.

Seuls un tiers d’entre eux indiquent en effet avoir été accompagnés pour mettre en place le télétravail dans leur service. L’étude parallèle de l’Apec confirmant, en outre, que 68 % des managers sont actuellement “en attente d’une formation” sur les “bonnes pratiques” du travail à distance.

En 2019, Malakoff Humanis nous indiquait aussi qu’ils réclamaient à l’époque “unanimement” un accompagnement, “en ce qui concerne la gestion au quotidien des télétravailleurs”. Ils étaient notamment 40 % à éprouver des difficultés pour répartir la charge de travail à leurs collaborateurs. Un an plus tard, en février 2020, juste avant la pandémie, ils continuaient de rencontrer des difficultés de mise en œuvre du travail à distance. Notamment pour “ne pas favoriser ou défavoriser des collaborateurs par rapport aux autres” (40 %), pour adapter leur mode de management et pour “maintenir le lien, l’entraide et les échanges” (37 %). Ils étaient alors 36 % à continuer de s’estimer “insuffisamment formés à l’accompagnement” de leurs collaborateurs.

 

 

 

 

 

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