{"id":5296,"date":"2022-06-07T12:51:26","date_gmt":"2022-06-07T10:51:26","guid":{"rendered":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/travailler-en-suisse-un-marche-ouvert-mais-exigeant\/"},"modified":"2023-07-18T10:12:04","modified_gmt":"2023-07-18T08:12:04","slug":"travailler-en-suisse-un-marche-ouvert-mais-exigeant","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/travailler-en-suisse-un-marche-ouvert-mais-exigeant\/","title":{"rendered":"Travailler en Suisse : un march\u00e9 ouvert mais exigeant"},"content":{"rendered":"

Si la Suisse ne figure pas forc\u00e9ment en premi\u00e8re place des pays qui font r\u00eaver les candidats \u00e0 l\u2019expatriation, le pays offre pourtant de tr\u00e8s belles opportunit\u00e9s aux cadres. A condition de garder en t\u00eate que la culture suisse est diff\u00e9rente et le march\u00e9 du travail concurrentiel.<\/h2>

Pour les cadres fran\u00e7ais en qu\u00eate d\u2019expatriation, la Suisse est une destination \u00e0 consid\u00e9rer s\u00e9rieusement. M\u00eame si le march\u00e9 de l\u2019emploi a \u00e9t\u00e9 perturb\u00e9 par la Covid, le taux de ch\u00f4mage s\u2019\u00e9tablit aujourd\u2019hui \u00e0 3 %. Une situation qui, il faut l\u2019avouer, laisse r\u00eaveur. \u00ab\u00a0Nous sommes dans une situation de plein emploi<\/em>, traduit David Talerman, auteur de l\u2019ouvrage Travailler et vivre en Suisse et fondateur du site travailler-ensuisse.ch. Il faut savoir que les situations sont diff\u00e9rentes en Suisse romande et en Suisse al\u00e9manique, o\u00f9 le taux de ch\u00f4mage est encore plus bas<\/em>.\u00a0\u00bb Un \u00e9tat de fait qui s\u2019est m\u00eame transform\u00e9 en probl\u00e8me dans la mesure o\u00f9 le pays ne dispose pas des ressources humaines n\u00e9cessaires pour soutenir son d\u00e9veloppement \u00e9conomique. Il est alors important de recruter des profils \u00e0 l\u2019\u00e9tranger pour combler les attentes<\/strong>. Il faut \u00e9galement savoir que cette situation est facilit\u00e9e par les accords bilat\u00e9raux qui exigent pour les ressortissants europ\u00e9ens un contrat de travail sign\u00e9 ou une promesse d\u2019embauche pour obtenir un permis de travail. Travailler en Suisse pour les Fran\u00e7ais est donc plut\u00f4t facile, compar\u00e9 \u00e0 des destination comme le Canada ou les \u00c9tats-Unis.<\/p>

Attention \u00e0 la concurrence<\/h3>

R\u00e9sultat, les opportunit\u00e9s sont nombreuses, et ce dans des domaines tr\u00e8s divers. Selon Annalisa von Gr\u00fcnigen, directrice de S&you et Synergie Suisse, les opportunit\u00e9s pour les cadres fran\u00e7ais sont r\u00e9elles. Cela concerne notamment les m\u00e9tiers o\u00f9 les formations font d\u00e9faut dans le pays<\/strong>, comme par exemple dans la supply chain, la qualit\u00e9 et certains profils d\u2019ing\u00e9nieurs, de l\u2019a\u00e9ronautique par exemple. Du c\u00f4t\u00e9 de Page Executive, les opportunit\u00e9s pour les cadres fran\u00e7ais en Suisse sont plut\u00f4t \u00e0 chercher dans le domaine de la sant\u00e9, les m\u00e9tiers de la banque d\u2019investissement, la finance, le luxe et notamment dans l\u2019horlogerie et la joaillerie. Des offres d\u2019emploi sont \u00e9galement \u00e0 saisir dans les m\u00e9tiers de la production et plus particuli\u00e8rement dans la chimie, mais aussi dans les m\u00e9tiers du e-commerce, du marketing ou encore dans la vente. Au sein du cabinet Wit Partners, les fonctions cadres dans le secteur de la sant\u00e9 en Suisse recherchent des candidats, mais elles n\u00e9cessitent une parfaite connaissance du r\u00e9seau de soins en Suisse, qui est bien sp\u00e9cifique.<\/p>

Nathalie Brodard, fondatrice du cabinet Brodard Executive Search, confirme ces nombreuses opportunit\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne faisons pas de distinction en fonction de la nationalit\u00e9, notre r\u00f4le est de trouver la bonne personne en fonction de ses comp\u00e9tences et de son expertise<\/em>.\u00a0\u00bb Les besoins se situent aujourd\u2019hui sur des profils IT et notamment sur des postes de d\u00e9veloppeurs sur lesquels les ing\u00e9nieurs fran\u00e7ais sont plut\u00f4t bien positionn\u00e9s. Nathalie Brodard souligne cependant la n\u00e9cessit\u00e9,\u00a0a minima,\u00a0de ma\u00eetriser l\u2019anglais et si possible l\u2019allemand<\/strong>. S\u2019il y a d\u2019importantes communaut\u00e9s fran\u00e7aises dans la plupart des grandes villes suisses, la pratique de ces deux langues para\u00eet indispensable pour occuper la grande majorit\u00e9 des postes. Cette sp\u00e9cialiste du march\u00e9 de l\u2019emploi en Suisse souligne \u00e9galement l\u2019importance de prendre en consid\u00e9ration le co\u00fbt de la vie<\/strong> dans le pays. \u00ab\u00a0Parfois, les salaires peuvent faire r\u00eaver mais avec le loyer, les assurances, les imp\u00f4ts, il faut vraiment bien faire ses calculs<\/em>, insiste Nathalie Brodard. Je conseille d\u2019ailleurs de se faire aider par un comptable ou un sp\u00e9cialiste de la fiscalit\u00e9 pour bien se rendre compte du reste \u00e0 vivre<\/em>.\u00a0\u00bb<\/p>

Lire aussi<\/strong> : Expatriation : \u00e9pluchez les clauses de mobilit\u00e9 !<\/a><\/h5>

Un march\u00e9 du travail qualitatif<\/h3>

De m\u00eame, afin de r\u00e9ussir son arriv\u00e9e dans le pays, le plus important reste de comprendre la culture suisse. \u00ab\u00a0La Suisse, bien qu\u2019ayant une langue commune la France, est un pays \u00e0 part enti\u00e8re, avec une culture et des habitudes de travail tr\u00e8s sp\u00e9cifiques. La culture suisse est d\u2019ailleurs plus proche de la culture japonaise que de la culture fran\u00e7aise<\/em>\u00ab\u00a0, assure David Talerman. Et l\u2019expert de pr\u00e9ciser que le march\u00e9 reste tr\u00e8s exigeant, dans la mesure o\u00f9 les entreprises ont l\u2019habitude d\u2019avoir de nombreuses candidatures<\/strong>. Elles ont souvent le choix entre d\u2019excellents candidats. \u00ab\u00a0Si une entreprise a le choix entre 3 candidats et qu\u2019aucun ne fait l\u2019affaire \u00e0 ses yeux, elle ne prendra pas le moins mauvais, elle n\u2019en prendra aucun<\/em>\u00ab\u00a0, glisse David Talerman. Il est donc primordial d\u2019avoir l\u2019approche la plus professionnelle possible. Le march\u00e9 suisse est beaucoup plus qualitatif que le march\u00e9 fran\u00e7ais et les attentes des recruteurs sont diff\u00e9rentes. Ils chercheront en g\u00e9n\u00e9ral davantage d\u2019informations. \u00ab\u00a0En Suisse, il faut d\u2019abord chercher \u00e0 rassurer avant de chercher \u00e0 convaincre\u00a0: rassurer sur vos capacit\u00e9s \u00e0 occuper le poste, rassurer sur vos comp\u00e9tences, rassurer sur votre capacit\u00e9 \u00e0 vous int\u00e9grer en tant qu\u2019\u00e9tranger<\/em>\u00ab\u00a0, ajoute David Talerman. Selon la majorit\u00e9 des experts que nous avons interrog\u00e9s dans le cadre de cet article, le march\u00e9 de l\u2019emploi en Suisse est un tout petit univers, dans lequel tout le monde se conna\u00eet. Il est donc indispensable de bien pr\u00e9parer sa d\u00e9marche.<\/p>

Une d\u00e9marche de r\u00e9seautage<\/h3>

Dans cette perspective, David Talerman conseille classiquement de bien vous renseigner sur les secteurs et les entreprises qui vous int\u00e9ressent. Il est aussi conseill\u00e9 de vous m\u00e9fier des annonces dans la mesure o\u00f9 les recruteurs re\u00e7oivent en g\u00e9n\u00e9ral des centaines de candidatures, ce qui vous met dans une situation de concurrence importante dans laquelle vos chances peuvent parfois \u00eatre minces, malgr\u00e9 la qualit\u00e9 et la coh\u00e9rence de votre parcours. On ne le dira jamais assez\u00a0: avant d\u2019envisager un changement de poste quel qu\u2019il soit, il faut optimiser votre profil LinkedIn<\/a> avec les bons mots cl\u00e9s afin de vous rendre visible. \u00ab\u00a0Les recruteurs en Suisse sont bien s\u00fbr sur LinkedIn et utilisent la plateforme pour rechercher des candidats\u00a0\u00bb, commente David Talerman.<\/p>

Pour pr\u00e9parer au mieux votre expatriation, il est aussi important d\u2019enclencher une d\u00e9marche de r\u00e9seautage. Et sur ce point, la Covid a plut\u00f4t eu de bons effets car les professionnels, quel que soit leur secteur d\u2019activit\u00e9, sont habitu\u00e9s \u00e0 \u00eatre contact\u00e9s \u00e0 distance par des personnes qu\u2019elles ne connaissent pas forc\u00e9ment. Enfin, adaptez tous les supports vous permettant de postuler en Suisse \u00e0 la culture locale et aux r\u00e9alit\u00e9s du march\u00e9. Votre CV ou encore vos profils sur les r\u00e9seaux sociaux professionnels doivent \u00eatre adapt\u00e9s aux attentes des recruteurs<\/strong> qui seront, \u00e0 coup s\u00fbr, diff\u00e9rentes de celles du march\u00e9 fran\u00e7ais. Enfin, comme indiqu\u00e9 ci-dessus, n\u2019h\u00e9sitez pas \u00e0 vous renseigner sur la culture locale. Il y a de fortes chances pour que le recruteur, au cours du premier rendez-vous, vous demande pour quelles raisons vous souhaitez vous installer en Suisse. Il est donc pr\u00e9f\u00e9rable d\u2019avoir des arguments solides.<\/p>

T\u00e9moignage : Julie Telliez, senior global medical science director chez Roche, \u00e0 B\u00e2le<\/h4>

\u201c\u00a0La qualit\u00e9 de vie est tr\u00e8s agr\u00e9able<\/em> \u201c<\/h4>

\u201cJe suis venue en Suisse car je travaille chez Roche depuis 7 ans et que le si\u00e8ge monde est implant\u00e9 \u00e0 B\u00e2le. Il regroupe presque 10 000 employ\u00e9s. Apr\u00e8s 4 ans pass\u00e9s \u00e0 Paris au sein de la filiale France, je suis arriv\u00e9e en Suisse pour une mission de plusieurs mois. Il faut savoir que le co\u00fbt de la vie est \u00e9lev\u00e9 en Suisse. Cette p\u00e9riode m\u2019a permis de confirmer mon souhait de prendre un poste \u00e0 l\u2019international et aussi d\u2019appr\u00e9cier le niveau et la qualit\u00e9 de vie. Mon objectif professionnel \u00e9tait d\u2019\u00eatre \u00e0 un niveau de strat\u00e9gie plus important, notamment dans les interactions avec les autorit\u00e9s europ\u00e9ennes et aussi am\u00e9ricaines. Au bout de 4 mois, un poste s\u2019est lib\u00e9r\u00e9 et, avec mon conjoint, nous nous sommes d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 rester en Suisse. La vie l\u00e0-bas nous plait \u00e9norm\u00e9ment. J\u2019ai donc postul\u00e9 et j\u2019ai eu la place il y a environ 3 ans. J\u2019ai \u00e9t\u00e9 promue senior l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re. Le fait de m\u2019expatrier m\u2019a permis d\u2019augmenter mon niveau de responsabilit\u00e9s et je trouve qu\u2019en mati\u00e8re de perspectives, il est tr\u00e8s int\u00e9ressant de travailler au si\u00e8ge de l\u2019entreprise car cela ouvre de nouvelles possibilit\u00e9s notamment celle d\u2019int\u00e9grer d\u2019autres filiales. Pour autant, il faut savoir que m\u00eame sur des postes internes, la comp\u00e9tition est intense. Beaucoup de postes sont recrut\u00e9s en interne et les processus de recrutement sont exigeants avec plusieurs rounds d\u2019entretiens. Les opportunit\u00e9s pour \u00e9voluer existent, mais ce n\u2019est pas aussi \u00e9vident qu\u2019on pourrait l\u2019imaginer. Au niveau de la culture, et du monde du travail, je trouve que tout est plus flexible en Suisse, il est possible d\u2019adapter potentiellement ses horaires et d\u2019aller faire une activit\u00e9 \u00e0 la pause d\u00e9jeuner. Les journ\u00e9es peuvent \u00eatre plus longues du fait de la collaboration avec les pays du monde entier ayant des fuseaux horaires diff\u00e9rents. Enfin, la qualit\u00e9 de vie est tr\u00e8s appr\u00e9ciable. Le pays n\u2019est pas tr\u00e8s \u00e9tendu et les grandes villes sont bien desservies par les transports en commun. Il est possible, le temps d\u2019un week-end, d\u2019aller faire de belles randonn\u00e9es ou de passer du temps au bord des lacs.\u201c<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"

Si la Suisse ne figure pas forc\u00e9ment en premi\u00e8re place des pays qui font r\u00eaver les candidats \u00e0 l\u2019expatriation, le pays offre pourtant de tr\u00e8s belles opportunit\u00e9s aux cadres. A condition de garder en t\u00eate que la culture suisse est diff\u00e9rente et le march\u00e9 du travail concurrentiel.Pour les cadres fran\u00e7ais en qu\u00eate d\u2019expatriation, la Suisse<\/p>\n","protected":false},"author":11,"featured_media":5297,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[19,22],"tags":[],"class_list":["post-5296","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-carriere","category-mobilite"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5296","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/users\/11"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5296"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5296\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17907,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5296\/revisions\/17907"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5297"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5296"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5296"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5296"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}