{"id":5425,"date":"2022-07-18T09:50:51","date_gmt":"2022-07-18T07:50:51","guid":{"rendered":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/reconversion-ces-cadres-qui-bifurquent\/"},"modified":"2023-07-18T10:12:25","modified_gmt":"2023-07-18T08:12:25","slug":"reconversion-ces-cadres-qui-bifurquent","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/reconversion-ces-cadres-qui-bifurquent\/","title":{"rendered":"Reconversion : ces cadres qui bifurquent"},"content":{"rendered":"
Malgr\u00e9 la crise du Covid-19 qui persiste, l\u2019envie de changer d\u2019entreprise<\/strong> dans les douze prochains mois \u201cfait son chemin\u201d chez une part croissante (40 %) de cadres, selon l\u2019Apec. Et si traditionnellement, ce sont les plus jeunes qui sont les plus enclins \u00e0 le faire (20 %) pour raisons financi\u00e8res, le d\u00e9sir de mobilit\u00e9 externe concerne aussi, d\u00e9sormais, les 35-54 ans, en milieu de carri\u00e8re (14 %). Cons\u00e9quence de la crise, 33 % des cadres, en majorit\u00e9 seniors, ont \u00e9galement envie de changer de m\u00e9tier. Enfin, plus globalement, une \u00e9tude Ifop r\u00e9v\u00e8le que 68 % des cadres ont l\u2019intention, d\u2019ici 2023, de changer de poste, d\u2019entreprise, de statut ; ou de r\u00e9aliser une mobilit\u00e9 g\u00e9ographique.<\/p> Serait-ce le signe d\u2019un mouvement massif des cadres, tous azimuts ? Laure Maunoury, directrice p\u00e9dagogique de Switch Collective, organisme de formation sp\u00e9cialis\u00e9 dans la \u201cr\u00e9orientation professionnelle<\/em>\u201d, observe que le nombre de personnels d\u2019encadrement souhaitant \u201cswitcher<\/em>\u201d est \u201clargement plus important<\/em>\u201d aujourd\u2019hui qu\u2019en 2019. \u201cLa crise que nous traversons depuis deux ans a chamboul\u00e9 de nombreux cadres, et les a amen\u00e9s \u00e0 se questionner sur leur autonomie, leur mode de travail, la place qu\u2019ils voulaient laisser \u00e0 leur vie priv\u00e9e<\/em>\u201d, indique-t-elle.<\/p> Certains se sont aussi questionn\u00e9s sur le sens de leur travail. CEO de Chance, start-up qui propose un \u201cparcours de coaching digital<\/em>\u201d d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la r\u00e9orientation professionnelle, Ludovic de Gromard constate chez ses clients, en majorit\u00e9 des cadres, une part plus importante de \u201cpersonnes qui se posent des questions sur l\u2019utilit\u00e9 de leur travail, malgr\u00e9 leurs r\u00e9mun\u00e9rations confortables.<\/em>\u201d Selon une \u00e9tude de Cadremploi, 43 % des cadres ont \u201cl\u2019impression de tourner en rond dans leur vie professionnelle<\/em>\u201d.<\/p> Et la peur de perdre leur job dans un contexte incertain n\u2019est pas ce qui leur donne le plus envie de bouger : les trois raisons principales qui les poussent \u00e0 songer \u00e0 la reconversion sont le manque d\u2019\u00e9panouissement dans leur m\u00e9tier, le sentiment d\u2019avoir \u201catteint la fin d\u2019un cycle\u201d, et le fait de ne plus trouver de sens \u00e0 leur travail<\/strong>. Et avant le Covid ? \u201cCes questions, les cadres se les posaient d\u00e9j\u00e0 en 2019. Mais la pand\u00e9mie a donn\u00e9 un effet d\u2019acc\u00e9l\u00e9rateur. Certains cadres ne se sentaient plus bien dans leur job sans savoir pourquoi, et les confinements successifs les ont aid\u00e9s \u00e0 en prendre conscience. D\u2019autres avaient d\u00e9j\u00e0 des souhaits de changement, et la crise a acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 leurs prises de d\u00e9cision<\/em>\u201d,\u00a0r\u00e9pond Laure Maunoury. La fa\u00e7on dont les cadres donnent une nouvelle direction \u00e0 leur vie professionnelle peut prendre plusieurs visages. D\u2019abord la plus connue, celle de la reconversion \u201c\u00e0 180\u00b0\u201d, vers un autre m\u00e9tier. Mais les experts sont unanimes : il ne s\u2019agit que d\u2019un \u00e9piph\u00e9nom\u00e8ne chez les cadres, face \u00e0 la majorit\u00e9 des r\u00e9orientations. Ces derni\u00e8res passant majoritairement par la mobilit\u00e9 interne<\/strong>, un changement d\u2019entreprise, ou le passage du salariat \u00e0 l\u2019entrepreneuriat<\/strong>.<\/p> \u201cSe reconvertir ne signifie pas forc\u00e9ment quitter son entreprise !<\/em>\u201d, lance Laure Maunoury. Au c\u0153ur des bilans de comp\u00e9tences que propose son organisme, elle observe que \u201cde plus en plus d\u2019entreprises financent des collaborateurs pour une mobilit\u00e9 interne. L\u2019id\u00e9e \u00e9tant qu\u2019ils en ressortent en proposant des projets concrets d\u2019\u00e9volution professionnelle \u00e0 leurs RH<\/em>\u201d. Switch Collective a accompagn\u00e9 plus de 6 000 personnes depuis sa cr\u00e9ation en 2016. Parmi elles, 10 %, majoritairement cadres, ont \u201cswitch\u00e9<\/em>\u201d en interne : \u201cIls nous ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s par leurs entreprises et switchent en un an. Ce qui est beaucoup plus rapide qu\u2019une reconversion en externe, dans un nouveau secteur ou m\u00e9tier<\/em>\u201d.<\/p> Le terme \u201cswitch<\/em>\u201d (bifurquer, se r\u00e9orienter, en anglais) est d\u2019ailleurs \u00e9vocateur. \u201cPour nous, il signifie avoir une vie professionnelle align\u00e9e avec soi-m\u00eame. Inventer un parcours qui correspond \u00e0 ce dont vous avez besoin pour vous sentir \u00e9panoui. Parfois, des cadres se sentent bien dans leur entreprise, les valeurs sont align\u00e9es, il y a une bonne ad\u00e9quation vie pro \u2013 vie perso, une bonne ambiance. Mais le m\u00e9tier qu\u2019ils occupent ne les satisfait plus. S\u2019ils passent du marketing aux RH et qu\u2019ainsi ils retrouvent de l\u2019\u00e9lan pour se rendre au travail le matin, alors il s\u2019agit bien d\u2019un switch, d\u2019une reconversion<\/em>\u201d, explique Laure Maunoury. \u00c0 noter que 45 % des cadres accompagn\u00e9s par l\u2019organisme ont de leur c\u00f4t\u00e9 chang\u00e9 d\u2019entreprise et\/ou de secteur. Restant en CDI, \u00e0 un poste de cadre, souvent \u00e0 la m\u00eame fonction, mais ailleurs : \u201cCertains aiment leur job, mais le secteur dans lequel ils l\u2019exercent ne leur pla\u00eet plus, ou la bo\u00eete n\u2019est plus align\u00e9e avec leurs valeurs : ils vont alors choisir de l\u2019exercer dans une entreprise qui fait plus sens pour eux, par exemple dans l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire (ESS)<\/em>\u201d.<\/p> \u00c0 l\u2019Apec, op\u00e9rateur national du CEP (Conseil en Evolution Professionnelle) pour les cadres, Christelle Carr\u00e9, consultante en d\u00e9veloppement professionnel, accompagne surtout des projets de cr\u00e9ations d\u2019entreprise. \u201cMais nous conseillons aussi des personnes qui ont des projets d\u2019\u00e9volution horizontale<\/strong>, \u00e0 l\u2019interne. Par exemple, passer d\u2019une fonction support \u00e0 une autre, du marketing \u00e0 l\u2019achat ; ou d\u2019un m\u00e9tier \u00e0 un autre, de la communication \u00e0 la RSE<\/em>\u201d, explique-t-elle. Dans ces cas de figure, elle observe que les r\u00e9orientations se font souvent via un \u201cparcours de formation au sein-m\u00eame de l\u2019entreprise<\/em>\u201d.<\/p> Arnaud Bioul, consultant chez Michael Page Ressources Humaines, per\u00e7oit la mobilit\u00e9 interne comme un levier d\u2019employabilit\u00e9<\/strong>. Et de d\u00e9crire sa propre exp\u00e9rience : \u201cau sein du cabinet, j\u2019\u00e9tais autrefois directeur d\u2019un p\u00f4le entier. J\u2019en \u00e9tais le patron, mais j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de redevenir consultant, en interne. Ce fut un bon moyen pour moi de rester agile dans mon domaine<\/em>.\u201d Selon lui, les \u201cmoves<\/em>\u201d qui s\u2019op\u00e8rent en interne concernent \u201cdes m\u00e9tiers assez proches<\/em>\u201d, avec des comp\u00e9tences transverses. \u201cOn voit peu de virages \u00e0 180 \u00b0 en interne. Et en externe aussi, d\u2019ailleurs<\/em>\u201d, note-t-il.<\/p> Les experts sont effectivement unanimes : ceux qui changent de m\u00e9tier pour devenir \u00e9leveurs de ch\u00e8vres ou boulangers sont une minorit\u00e9. Quand ils donnent une nouvelle direction \u00e0 leur vie professionnelle, les cadres le font surtout en changeant d\u2019entreprise, ou de statut ; du salariat vers l\u2019entrepreneuriat. Selon l\u2019EFIP (European Forum of Independent Professional), on compte actuellement 830 000 \u201ciPros\u201d en France ; deux fois plus qu\u2019il y a dix ans. Ces \u201ctravailleurs sans employ\u00e9s, qui exercent une activit\u00e9 de service et\/ ou de prestation intellectuelle dans les secteurs ne relevant pas de l\u2019agriculture, de l\u2019artisanat et du commerce<\/em>\u201d, sont \u201chautement qualifi\u00e9s<\/em>\u201d, et louent leurs comp\u00e9tences aux entreprises via le statut d\u2019auto-entrepreneur<\/strong>. \u201cIl s\u2019agit en majorit\u00e9 de cadres qui ont une expertise, et qui capitalisent dessus, tout en souhaitant exercer leur activit\u00e9 \u00e0 leur compte. Ils sont de plus en plus nombreux<\/em>\u201d, explique Monique Sentey, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019UAE (Union des Auto-Entrepreneurs).<\/p> L\u00e0 encore, le\u00a0Covid est venu acc\u00e9l\u00e9rer les choses. Selon une \u00e9tude Ifop-Freelance.com sur \u201cles nouvelles formes de travail<\/em>\u201d, 46 % des cadres consid\u00e8rent que \u201cleur motivation s\u2019est d\u00e9grad\u00e9e<\/em>\u201d depuis la crise, 81 % estiment que le free-lancing est \u201ctotalement adapt\u00e9 aux attentes actuelles des actifs<\/em>\u201d, et 48 % se disent int\u00e9ress\u00e9s par une formule consistant \u00e0 \u201cconserver son emploi \u00e0 mi-temps et \u00eatre ind\u00e9pendant l\u2019autre moiti\u00e9 du temps<\/em>\u201d. Quand ils h\u00e9sitent, les cadres justifient leur absence de \u201cpassage \u00e0 l\u2019acte<\/em>\u201d par \u201cle risque que le free-lancing repr\u00e9sente<\/em>\u201d, entre faible protection sociale et incertitude financi\u00e8re. Toujours est-il que 40 % affirment avoir eu envie de d\u00e9missionner ces derniers mois, et parmi eux 30 % pour devenir free-lances.<\/p> Selon Monique Sentey, l\u2019auto-entrepreneuriat est pour certains cadres un moyen de s\u2019\u00e9tablir en tant que consultants dans leur domaine d\u2019expertise, mais aussi pour d\u2019autres de changer compl\u00e8tement de m\u00e9tier. \u201cIls veulent changer de vie, et pour cela ils passent d\u2019abord par le free-lancing, avant de cr\u00e9er leur entreprise. On en voit beaucoup plus depuis la crise du Covid, et aussi des plus jeunes, entre 30 et 45 ans. C\u00f4t\u00e9 motivations, ils aiment souvent leur m\u00e9tier, mais leurs conditions de travail ne leur conviennent plus, ou ils recherchent plus d\u2019autonomie<\/em>\u201d. Selon la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de l\u2019UAE, le statut de microentrepreneur est dans cette optique un bon moyen de pr\u00e9parer une cr\u00e9ation d\u2019entreprise sans tout l\u00e2cher brutalement : \u201cIls commencent souvent en parall\u00e8le de leur activit\u00e9 salariale, avant de d\u00e9missionner et de cr\u00e9er leur bo\u00eete. Le statut d\u2019auto-entrepreneur est le plus simple pour d\u00e9buter, car il permet de tester puis de transformer son activit\u00e9 en SASU (SAS \u00e0 associ\u00e9 unique), sans prendre trop de risques<\/em>\u201d. Mais faut-il oublier les reconversions \u201cradicales\u201d\u00a0? \u201cFace \u00e0 la majorit\u00e9 de cadres qui changent d\u2019entreprise ou qui \u00e9voluent en interne, ceux qui se lancent dans l\u2019entrepreneuriat repr\u00e9sentent 30\u00a0% de nos clients. Parmi eux, seuls 5\u00a0% cherchent \u00e0 r\u00e9aliser un changement de m\u00e9tier complet<\/em>\u201d, observe Laure Maunoury, qui d\u00e9plore que \u201ccette image d\u2019Epinal du cadre devenu boucher<\/em>\u201d occulte la r\u00e9alit\u00e9. \u201cLes vrais switchs, ce n\u2019est pas du tout cela. Et le probl\u00e8me, c\u2019est que beaucoup ne s\u2019autorisent pas \u00e0 bouger \u00e0 cause de ce biais<\/em>\u201d, indique-t-elle.<\/p> \u201cSi la reconversion \u00e0 180\u00b0 des cadres est rare, c\u2019est parce qu\u2019elle n\u00e9cessite de m\u00fbrir, pendant au moins deux ans, un projet de fond, tout en se formant. Et le risque de perdre en revenus et d\u2019\u00e9chouer est r\u00e9el<\/em>\u201d, estime de son c\u00f4t\u00e9 Arnaud Bioul.<\/p><\/blockquote> Selon Christelle Carr\u00e9, \u00e0 l\u2019Apec, les projets de cr\u00e9ation d\u2019entreprises de la part de cadres souhaitant prendre leur ind\u00e9pendance sont de plus en plus nombreux. Mais la majorit\u00e9 \u201cle font en restant dans la continuit\u00e9 de leur m\u00e9tier d\u2019origine. Ils prennent un risque financier assez lourd, mais restent dans leur domaine initial<\/em>\u201d, confirme-t-elle.<\/p> Certains pr\u00e9f\u00e8rent racheter une soci\u00e9t\u00e9<\/strong>. \u201cIl s\u2019agit l\u00e0 de cadres sup\u00e9rieurs, d\u00e9sirant devenir leurs propres patrons ou ayant subi un accident de parcours<\/em>,\u00a0pr\u00e9cise Thierry Lamarque, pr\u00e9sident d\u2019Altheo, une soci\u00e9t\u00e9 de conseil qui forme \u00e0 la reprise d\u2019entreprise. Nous n\u2019accueillons quasiment que des cadres de haut niveau, entre 40 et 50 ans, qui occupaient des postes \u00e0 responsabilit\u00e9, mais qui ont \u00e9t\u00e9 remerci\u00e9s. Arriv\u00e9s \u00e0 mi-parcours dans leur carri\u00e8re, ils ont d\u00e9cid\u00e9 de profiter du ch\u00e8que de transaction r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 lors de leurs n\u00e9gociations de d\u00e9part pour racheter une soci\u00e9t\u00e9.<\/em>\u201d Parfois, leur accident de parcours d\u00e9clenche une prise de conscience plus large : \u201cils r\u00e9alisent que leur job a perdu en sens. Reprendre une entreprise est un moyen d\u2019en retrouver, notamment si la soci\u00e9t\u00e9 vis\u00e9e a une dimension environnementale ou sociale<\/em>\u201d. Mais attention : reprendre une entreprise ne va pas de soi.<\/p> \u201cIl faut analyser la soci\u00e9t\u00e9 convoit\u00e9e sous tous les angles ( financiers, juridiques, fiscaux,\u00a0technologiques\u2026). Cela ne s\u2019invente pas, il n\u2019est pas possible d\u2019\u00eatre bon dans tous les domaines<\/em>\u201d, note Thierry Lamarque.<\/p><\/blockquote> Le souhait de changer de r\u00e9gion constitue une autre \u201caspiration forte<\/em>\u201d que la crise du Covid a renforc\u00e9e, selon l\u2019Apec. Actuellement, 30 % des cadres expriment le souhait de changer de r\u00e9gion<\/strong> ; une proportion qui atteint 43 % en \u00cele-de-France. \u201cLes switchs g\u00e9ographiques sont de plus en plus nombreux. Nous voyons beaucoup de cadres qui veulent bouger tout en gardant leur poste dans leur ville d\u2019origine, gr\u00e2ce au travail hybride. Ce qui prime pour eux, c\u2019est avoir une meilleure qualit\u00e9 de vie. S\u2019ils ne peuvent pas garder leur poste, ils changent d\u2019entreprise, de secteur d\u2019activit\u00e9<\/em>\u201d, observe Laure Maunoury.<\/p> Selon une enqu\u00eate de Cadremploi, Paris est la ville que les cadres aspirent le plus \u00e0 quitter (suivie de Lyon). Dans le d\u00e9tail, 30 % des cadres franciliens recherchent activement un poste, et 3 % ont demand\u00e9 une mutation \u00e0 leur entreprise. 55 % d\u00e9clarent m\u00eame \u00eatre pr\u00eats \u00e0 changer de m\u00e9tier, dans le seul but de partir en r\u00e9gion. \u201cLe passage \u00e0 l\u2019acte reste toutefois une source d\u2019angoisses.\u00a0 66 % ont peur de ne pas trouver un emploi et 23 % redoutent que leur carri\u00e8re stagne<\/em>\u201d, peut-on lire dans l\u2019\u00e9tude. Pour \u201cmaximiser leurs chances de trouver un job qui correspond \u00e0 leurs attentes<\/em>\u201d, 30 % envisagent une mobilit\u00e9 dans une grande ville telle que Bordeaux, Nantes, Lyon, Marseille ou Lille. Gildas Chauveau de Vallat, directeur g\u00e9n\u00e9ral de Ma Nouvelle Ville, constate que \u201cles cadres int\u00e8grent le travail \u00e0 distance dans leur mobilit\u00e9<\/em>\u201d. Et qu\u2019ils sont de plus en plus nombreux \u00e0 demander une mutation, ou \u00e0 faire la requ\u00eate d\u2019un travail hybride aupr\u00e8s de leur entreprise. \u201cMais le t\u00e9l\u00e9travail \u00e0 100 % n\u2019est pas leur objectif\u00a0 : la majorit\u00e9 souhaitent t\u00e9l\u00e9travailler \u00e0 longue distance, mais \u00e9prouvent le besoin de revenir \u00e0 la base arri\u00e8re r\u00e9guli\u00e8rement. Souvent parce qu\u2019ils ont peur d\u2019\u00eatre isol\u00e9s, ou de passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019une opportunit\u00e9 de carri\u00e8re<\/em>, indique Gildas Chauveau de Vallat. C\u2019est une tendance qui va continuer de cro\u00eetre, mais d\u2019autres cadres ont aussi pour projet de rester \u00e0 temps plein dans leur nouvelle ville, et pour cela, ils cherchent une autre entreprise. Parfois m\u00eame un nouveau m\u00e9tier.<\/em>\u201d<\/p> Reste le ph\u00e9nom\u00e8ne des \u201cdigital nomads<\/em>\u201d, impossible \u00e0 quantifier, mais dont de nombreux m\u00e9dias parlent depuis le Covid. \u201cLes confinements successifs ont permis \u00e0 certains professionnels de r\u00e9aliser que leur travail pouvait \u00eatre assur\u00e9 \u00e0 longue distance, depuis une r\u00e9gion diff\u00e9rente, voire un autre pays. Ces nouveaux modes de travail \u00e0 distance repr\u00e9sentent aussi des avantages pour les entreprises :\u00a0r\u00e9duction des co\u00fbts, vivier de talents plus \u00e9tendu, et m\u00eame davantage de productivit\u00e9<\/em>\u201d, souligne Robert Walters. Selon le cabinet, des pays comme l\u2019Estonie et la Tha\u00eflande encouragent ce \u201cnomadisme num\u00e9rique<\/em>\u201d\u00a0\u00e0 travers la cr\u00e9ation de\u00a0\u201cvisas sp\u00e9cifiques<\/em>\u201d. Du c\u00f4t\u00e9 des cadres fran\u00e7ais, impossible de savoir combien ont pour projet de s\u2019expatrier en tant que t\u00e9l\u00e9travailleurs salari\u00e9s ou free-lances<\/strong>. \u201cMais il faut garder en t\u00eate que le nomadisme ne concerne que 30 % des m\u00e9tiers, et que seuls quelques uns permettent de le faire depuis un autre pays. Les digitals nomades travaillent presque exclusivement dans le num\u00e9rique, le web, le graphisme et la communication<\/em>\u201d, pr\u00e9cise Laetitia Vitaud, sp\u00e9cialiste du futur du travail. En outre, pr\u00e9vient-elle, \u201cla solitude et la d\u00e9motivation<\/em>\u201d peuvent facilement les guetter.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":" Malgr\u00e9 la crise qui persiste, la mobilit\u00e9 des cadres repart \u00e0 la hausse, tant chez les jeunes que ceux en milieu de carri\u00e8re. Entre besoin de sens au travail et QVT, ils privil\u00e9gient plus volontiers les reconversions internes ou encore des changements de statut.Malgr\u00e9 la crise du Covid-19 qui persiste, l\u2019envie de changer d\u2019entreprise dans<\/p>\n","protected":false},"author":26,"featured_media":5426,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[19,21],"tags":[],"class_list":["post-5425","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-carriere","category-reconversion"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/users\/26"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=5425"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":17936,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/5425\/revisions\/17936"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/media\/5426"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=5425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=5425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/courriercadres.cosavostra.com\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=5425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}Une qu\u00eate de sens<\/h3>
Lire aussi<\/strong> : L\u2019entrepreneuriat f\u00e9minin, nouvelle voie de reconversion<\/a><\/h5>
Reconversions internes<\/h3>
Lire aussi<\/strong> : Formation des cadres : l\u2019heure est \u00e0 l\u2019adaptation<\/a><\/h5>
Des virages \u00e0\u00a0180\u00b0\u00a0minoritaires<\/h3>
Changer de statut, pas de m\u00e9tier<\/h3>
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L\u2019ind\u00e9pendance ne va pas de soi<\/h3>
Lire aussi<\/strong> : Quitter Paris sans d\u00e9chanter<\/a><\/h5>
La qualit\u00e9 de vie, \u00ab\u00a0moteur\u00a0\u00bb des mobilit\u00e9s<\/h3>